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Neuvième anniversaire

4 avril 2012 1 commentaire

Trois raisons aujourd’hui d’écrire un mot sur ce journal en ligne.

La première, c’est qu’il s’agit de son anniversaire. Neuf années plus ou moins tenues, selon les périodes ; disons qu’en ce moment, je suis davantage centré sur la lecture et l’écriture du « fameux ». À propos des lectures, pour une meilleure lisibilité, je publierai sur ladite page mes lectures par trimestre, au lieu de les mettre au fur et à mesure (c’est fait pour le premier de 2012 !). Après une pause non voulue, trop longue, l’écriture a repris. Et j’en suis soulagé.

La deuxième concerne mon approche de la mort. Récemment abasourdi par la disparition d’une collègue, partie bien trop tôt, je me suis interrogé sur la réception que j’accusais en moi en général quand j’apprenais ce genre de nouvelles.
Lorsque l’on a retrouvé mon chat sur le terrain vague à proximité du domicile de mes parents, une piétaille de gamins entourait le cadavre ; logique, le terrain en question jouxte une école publique. Je leur ai demandé de partir, et les parents d’enchaîner en voyant mon expression. J’ai pleuré, en l’enterrant à l’aide de mon père, chose que je n’ai pas faite devant lui très souvent.
La mort d’un animal n’est pas à ranger au même niveau que celui d’une mère ou d’un ami, bien que l’on puisse évidemment nuancer ce propos. Intimement cependant, j’accepte qu’ils nous laissent en arrière, car la vie est un passage de témoin. Ils ont reçu, ils nous ont donnés. Nous avons le devoir d’en faire de même.

Dernier point : dans un éclair d’égotisme, j’ai cherché mon nom dans la base des bibliothèques universitaires de Bordeaux. Je m’y suis trouvé puisque mon mémoire a obtenu la note (minimale…) pour y apparaître. À l’instar des tags, ces petits mots concepts pour définir un article, j’ai eu la surprise de lire « Weltanschaaung » pour désigner mon travail.
Autant le dire tout de suite, je ne connais absolument pas l’allemand. Weltanschaaung « est un terme allemand désignant la conception du monde de chacun selon sa sensibilité particulière. Il associe « Welt » (monde) et « Anschauung » (vision, opinion, représentation) », selon l’exorde de l’article de Wikipedia (les mots en italique sont repris tels quels).
Je dois confesser un sentiment de fierté à la lecture de l’explication. Parfois on tombe sur des mots qui illumine votre journée, vous conforte dans vos convictions.
J’en rends grâce à la personne qui a ainsi catalogué mon mémoire.

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La lettre pour France Inter

29 février 2012 2 commentaires

À Bordeaux,
le lundi 6 février 2012

J’écoutai le journal de 19 heures de France Inter durant lequel Alain Passerelle, le bien-nommé, (me) révéla l’information essentielle que l’apparition de la vie sur Terre devait être repoussée de dizaines de millions d’années : la découverte de fossiles d’éponge en Namibie bousculant ainsi l’estimation préalablement établie.

« Nos lointains ancêtres. »

D’une certaine manière, nous n’avons guère évolué. Nous sommes toujours des éponges, ce sont seulement les nutriments qui ont changé.

En l’occurrence, pour le prix du livre Inter : des mots mis à disposition, en général de qualité. Aux vingt-quatre jurés de choisir le meilleur enchaînement de mots, celui qui leur paraîtra le plus digne d’être estampillé dudit prix.

J’en viens maintenant à l’aspect absorbant qui me caractérise – intellectuellement parlant, s’entend –, qu’il me faut souligner au grand dam de ma modestie (quel bienfait à se vanter ?).

(Attention, voici l’instant-citation.) Pline le Jeune affirmait « qu’il n’avait jamais lu un seul livre, si mauvais fût-il, dont il n’eût tiré quelque profit ». De nos jours, au vu de la frénésie éditrice, le bougre en casserait son foie d’indigestion. Quant à moi, une certaine lassitude m’envahirait presque tant la tentation est démesurée, à côtoyer à longueur de journée les rayonnages de ma bibliothèque municipale, de voir passer entre mes mains des documents tous plus intéressants et bigarrés les uns que les autres, de noter en tête telle référence et la placer dans une liste d’attente aussi longue que celles connues par les épiceries soviétiques ou les échoppes d’une marque à la pomme. L’année dernière m’a vu allègrement dépasser la centaine de romans/pièces de théâtre/recueils de poésie lus ; je vous rassure, j’ai une vie à côté, notez néanmoins que vivre volontairement sans internet ni télévision chez soi permet de disposer d’un grand nombre d’heures sans cela irrémédiablement perdues (et vive la radio !). J’avoue une vitesse de lecture plutôt élevée ; jongler entre trois ouvrages est aussi à ma portée.

(Bon sang, on croirait lire un dépliant pour un nouveau modèle de voiture.)

Insatiable. C’est un bon mot. Je me fais disciple de Pline. Fi du cabotage, je m’élance sur les océans et aborde de nombreuses terres au gré de mes envies, de Solaris à La Conjuration des imbéciles, d’Alexis Zorba à Pedro Páramo, du Livre du thé à Gormenghast… Cornouaillais depuis quelques années installé en Guyenne, je m’imbibe de tous horizons nouveaux avec appétit.

Dix livres, ce n’est pas la mer à boire. Pressez l’éponge, il en ressortira nécessairement quelque chose !

Afin d’arranger encore ma situation, j’écris. Je dois être un parmi les milliers de ceux qui le soutiendront dans l’avalanche de courriers que vous réceptionnerez, mais l’avantage que nous, scribouillards du dimanche, possédons sur les autres est que nous avons une conscience plus aiguë du bonheur et de la difficulté de penser l’écriture. Je suis à des années-lumière d’imaginer la pression que représente le fait d’être sélectionné pour un prix littéraire ; par contre, la satisfaction de voir son labeur apprécié, les heures incalculables consacrées (le terme n’est pas trop fort) à ce que son texte s’enclenche comme on voudrait qu’il le fasse, ça, je suis en mesure de l’estimer. J’en attacherai d’autant plus d’importance et de respect au moment du choix.

Nous servons vous et moi l’intérêt général, dans cette affaire. Il s’agit rien de moins que de distinguer un livre, une histoire, un style, le tout censé demeurer dans les annales, être transmis comme l’un des marqueurs de cette année ! L’heure est décidément grave, que dis-je, elle est décisive !

Voilà que je m’emballe. C’est du propre. Les fruits de ma passion, excusez. À croire que la campagne qui s’amorce déteindrait sur ma personne. Mais je suis davantage qu’un électeur !

Tout à fait ! Je suis d’abord et avant tout une éponge. Nourrissez-moi.

Bibliophilement vôtre,

Y. H. (28 ans)

P.S. : je travaille bien en médiathèque, mais je tiens à préciser que c’est en enchaînant les contrats, en attendant d’y trouver un poste plus stable.

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Rien de nouveau sous le soleil.

Les textes rangés sous la catégorie Exercices de style, empruntée à Queneau, sont une forme de repos de l’esprit, pendant que je continue l’écriture du roman. Évidemment, j’en rajouterai quand je pourrais. J’en prévois, allez, une cinquantaine au minimum, et pas forcément reprise du patron de Queneau.

À propos du roman, après un mois et demi à souffrir de diverses douleurs, particulièrement dentaires, je m’y suis replongé. Sur les huit chapitres prévus, deux sont terminés pour ce qui concerne le premier jet, la moitié à peu près du troisième chapitre est rédigé. Quand je lis que le dernier volume de la Roue du Temps est composé d’environ 350 000 mots (oui, mots, pas caractères), et que j’en suis à 20 000 mots à tout casser, je n’ose même pas imaginer le tas de papier qu’il me faudrait écrire pour atteindre ce résultat. Bien sûr, comparer un treizième et dernier tome d’un cycle et mon petit roman unique est un non-sens. D’autant que je suis adepte du concis, du précis, de l’équivoque et n’ai pas cherché à développer un monde.

Et moi qui pensais le terminer fin novembre… Vu ce que j’y ai prévu, j’en ai pour une année. Si j’ai fini le sixième pour fin juin, ça sera inespéré.

Allez, bonne année !

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Pignon tourne

9 octobre 2011 1 commentaire

J’ignore si tu te souviens m’avoir vu conserver une pomme de pin verte tombée de l’arbre, juste. Elle dénotait dans cette immense couverture d’aiguilles mortes, la raison pour laquelle je l’avais très vite repérée. On percevait nettement en la caressant de nos doigts la fraîcheur de son enveloppe, un genre de velouté très subtil que l’on ne pouvait retrouver sur les vieilles pignes sèches et éclatées. Elle semblait même plus lourde de l’eau que sa croissance a incorporée pour son épanouissement. Elle avait une délicieuse odeur de résine, mais dans cette pinède, difficile de s’en soustraire. Tu m’as souri en silence en me la rendant.

La voici qui trône sur ma bibliothèque, se reposant sur « Vingt ans après » de Dumas. Elle a imperceptiblement changé de teinte, se revêtant du brun de la maturité. Je n’ai pas compris tout de suite d’où provenaient ces bruits secs, jusqu’à ce que j’aperçoive l’éclatement progressif de la pigne. Chaque claquement me surprend puis me renvoie au moment où je la ramasse et la partage. L’aridité l’a saisie, et en se racornissant, elle s’ouvre à mon regard, elle s’ouvre au monde en paix ; ses courbes s’en embellissent, et je ne me tiens plus de joie tranquille.

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Bonjour !

Je sens que ce blog va rester à l’état de veille tant que je rédigerai ce foutu bouquin (27 pages manuscrites, aux deux tiers du chapitre 2/9…). C’est difficile, je lutte. Bougre de diou, ça enseigne la patience, en tout cas, que vous le vouliez ou non !

Ou alors, comme d’hab’, quand j’aurai envie de vider la poubelle ici, je le ferai.

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Brôôôarp !…

Oh pardon, c’est le cidre ingurgité pour mon annif qui…

Bref. 28 balais sonnants et trébuchants. Ranafout’.

J’avais prévu un p’tit texte de vécu dans le tramway de Bordeaux (ça aurait plu à Antoine le Guide Officiel de Bordeaux Même Qu’Alain Jupette Lui A Claqué La Bise), mais je l’ai oublié… à Bordeaux. Deux ou trois personnes l’ont déjà lu, me semble-t-il.

À l’heure où ce billet paraîtra, je serai dans le train, au départ de Quimper. Misère. Quel temps pourri j’ai eu !!… Ce crachin inimitable ; ce vent glacial venu d’Atlantique et du congélateur laissé ouvert… J’en ai perdu mes quelques taches de rousseur glanés en terre girondine.

Je mettrai le texte en question mercredi ou jeudi.

Sinon j’ai toujours quelques projets en route. J’avance avec un train de sénateur, faisant hurler d’impatience mes hordes de fans qui n’existent pas encore. J’en suis à cinq pages – oui, cinq ! c’est pas beautiful, ça ? – du premier chapitre. Je devrais (conditionnel présent) avancer plus vite, maintenant que j’ai vaincu divers obstacles narratifs et d’ambiance.

Allez… Kenav’.

 

(Oui, passe-moi le foie gras…)

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J’avais un bob

J’avais un bob.
Il était noir, en coton. Cent pour cent. Du temps de mes cheveux longs, je forçais un peu pour qu’il ne s’envole pas au premier coup de vent. La contrepartie était que ma tignasse se défaisait légèrement, lorsque je l’enlevais. Je passerai sur les nœuds systématiques qu’il me donnait.
Son contour souple formait une vaguelette continue, me donnant de loin et de profil l’air davantage clownesque, avec ce tarin percé de galeries. Mais cette truffe avait sa large superficie protégée par ce même bord, car elle est douloureusement sensible aux rayons solaires ; elle prend de manière éclatante et rapide une teinte rubicond. J’attrapais du comique de situation d’un côté là où je tentais d’en éviter ailleurs.
Il possédait une odeur qui lui était propre ; à me suivre ainsi sans gêne, nous nous étions attachés l’un à l’autre de bien des façons.
Un jour, il a disparu. Ou je l’ai perdu en route. Il me manque.
J’avais un bob.

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