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Archive for the ‘Le Canard enchaîné’ Category

26 mars 2009 2 commentaires

Le Canard enchaîné, édition du 25 mars 2009
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Rubrique « minimares »

Nico-Las Sark-Ozy a multiplié les fautes de français, cette semaine, lors de ses interventions publiques (« Le Parisien », 22/3). Exemples : « Si y en a que ça les démange d’augmenter les impôts » ou « On se demande c’est à quoi ça leur a servi ». Sark-Ô serait bien avisé de lire enfin « La Princesse de Clèves »…

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Greffe du zèle

Le Canard enchaîné, édition du 27 août 2008
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J. C.

Encore une sublime trouvaille islamiste ! Le conseil de l’ordre des médecins égyptiens, que de mauvaises langues informées disent très infiltré par l’organisation des Frères musulmans, vient d’interdire « la transplantation d’organes entre des personnes de religions différentes ». Une décision que les coptes, les chrétiens d’Égypte (aux alentours de 8 % de la population), estiment bien sûr, et avec quelque bon sens, dirigée contre eux. De source musulmane autorisée, le Coran ne dit naturellement mot de la question.

Interrogé par « La Croix » (20/8), Hamdi El Sayed, le président du conseil de l’ordre, qui peut interdire un praticien d’exercice, joue la bonne foi surprise : « Ce n’est pas une décision confessionnelle. Nous l’avons prise pour empêcher le commerce des organes. » Justification chantournée qui ne convainc évidemment pas la communauté copte, dont divers membres se proposent de saisir le Conseil d’État. Tout en se demandant : « Lors d’une transfusion de sang, faudra-t-il écrire sur les bocaux : « sang chrétien » et « sang musulman » ? »

L’apartheid médical restait à inventer. C’est (presque) fait chez « notre ami » Moubarak…

Il pleut des bombes

14 août 2008 3 commentaires

Le Canard enchaîné, édition du 13 août 2008
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Rubrique « ZigZag »

L’achat d’une maison à 500 millions d’euros par un Russe très fortuné agace certains habitants de Villefranche-sur-Mer et notamment une gouvernante présente aux agapes des milliardaires russes (« Le Parisien », 10/8) : « J’ai assisté à une soirée où les invités s’amusaient à lancer au vol des coupures de 500 euros enflammés au milieu de fous rires monumentaux. Le personnel de la maison était ensuite invité à ramasser les cendres. »
Comme les Russes en Géorgie ?

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Au pays du fromage fondu

Pour appuyer ce que je disais deux jours plus tôt, à propos de la mozzarelle.

Le Canard enchaîné
, édition du 16 juillet 2008
Tous droits réservés.
Rubrique «
Conflit de canard »

Comment transformer une citrouille en carrosse ? Prenez de la vieille mozzarella, du beurre périmé, du gorgonzola ou du fromage à tartiner hors d’âge, laissez-y les crottes de souris et autres vers qui s’y abritent, chauffez le tout, et vous avez un magnifique fromage fondu tout neuf prêt à être vendu en lamelles, dés ou râpé. Le quotidien italien « La Repubblica » a révélé l’affaire le 4 juillet. Deux ans durant, 11 000 tonnes de fromages pourris ont ainsi été « retapées » par un entrepreneur sicilien pour être revendues à de gros fromagers européens. Parmi lesquels Galbani, numéro un du fromage en Italie, avalé en mai 2006 par le français Lactalis. Mais voilà qu’en novembre de cette même année, à la suite d’un banal contrôle routier, un camion rempli de fromages en putréfaction amène la justice italienne à s’intéresser à cette « Gorgonzola Connection ». Illico presto, Lactalis ordonne à sa filiale Galbani de ne plus mettre dans son fromage fondu les frometons recyclés par le margoulin sicilien.

Le ministère français de l’Agriculture, qui voulait s’assurer que du fromage pourri n’avait pas traversé la frontière, s’est fait claquer la porte au nez par les Italiens, soudain très à cheval sur le secret de l’instruction. Et c’est sans doute pour le protéger qu’ils n’ont prévenu aucun de leurs voisins lorsqu’ils ont découvert le pot aux roses.

Mais au fait… comment ça se fabrique, le fromage fondu (chaque Français en mange quand même 1,2 kilo par an) ? Le texte qui encadre le fromage fondu est mince comme une croûte de comté. Chez Lactalis, où l’on fabrique 30 000 tonnes de fondu par an, à l’usine de Lons-le-Saunier, on mélange du lait en poudre (un tiers), du beurre italien (un tiers) et du cheddar lituanien (un tiers). Agrémenté à l’occasion de fromages invendus que l’on « réincorpore » de façon « très nettement marginale », affirme la dircom’ de Lactalis. Pour l’essentiel, de la mozzarella made in Lactalis que le groupe récupère sur les points de vente dès qu’elle flirte avec la date de péremption, mais « toujours avant cette date », précise le dircom’. Interrogé sur cette façon de faire, le syndicat des fondeurs de fromage se pince le nez, en ajoutant que Lactalis ne fait pas partie de ses adhérents. Pourtant, voilà une pratique de recyclage parfaitement grenello-compatible !

Dès qu’on lit « entrepreneur sicilien », j’imagine qu’il faut comprendre « entrepreneur familial sicilien ».
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Mais si, l’esclavage a été aboli !

27 juin 2008 4 commentaires

Le Canard enchaîné, édition du 25 juin 2008
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B. Th.

Enfin une bonne nouvelle. Notre Occident chrétien s’est conduit au cours des siècles comme un ramassis de salopards. Mais les autres n’ont pas fait mieux. Prenez l’esclavage. Certes, nous avons à notre actif dans les 12 millions de têtes de bétail humain déportées vers les Caraïbes et l’Amérique. Mais les Arabes, du VIIe siècle au XXe, peuvent compter de 15 à 17 millions de victimes arrachées, elles aussi, à la Guinée, au Congo, à l’Angola. Des pays increvables. Et ils ne s’en vantent pas. Au Caire existait même depuis le Moyen Âge un syndicat des négriers, chargé de planifier les commandes des États musulmans : car le Coran n’encourage pas l’esclavage. Mais il l’autorise. Et même il légifère sur sa pratique. A condition qu’il s’agisse de non-musulmans. Des roumis, par exemple. Les spécialistes en ont recensé un bon million au fil des temps. Il convient de rajouter encore le trafic « interne », Noirs contre Noirs : environ 14 millions d’êtres.

Voilà ce que nous rappelle, sur Arte, le film d’Antoine Vitkine, « Esclaves oubliés », ce mardi 24, au cours d’une passionnante « Thema » consacrée aux « Tabous de l’esclavage ».

Entre les razzias opérées par les nomades au sud du Sahara qui ramenèrent 7 millions d’individus vers le Nord et le fructueux va-et-vient à travers la mer Rouge en direction du Caire, de Bagdad, de La Mecque, d’Istanbul, dont Zanzibar demeure le plus fastueux témoin, le bois d’ébène resta pendant des siècles la plus rentable industrie d’Afrique. Pertes : de 20 à 80 %. Si bien que, des négriers nantais au sultan de Zanzibar qui employait 100 000 esclaves dans ses seules plantations de clous de girofle, il n’y a pas les méchants d’un côté, les bons de l’autre : tout le monde a fait du business. A cette différence près, remarque Tidiane N’Diaye, économiste à l’Insee, que, maintenant, « on s’entend bien avec les Arabes. Alors, on préfère ne pas rouvrir avec eux des pages douloureuses. »

Second document, dû à Sophie Jeaneau et Anna Kwak. Il nous montre, dans la Mauritanie d’aujourd’hui, l’ambiguïté qui demeure gravée au cœur des anciennes victimes. A Nouakchott, le gouvernement a fait voter des lois contre l’esclavage : par prudence, dirait-on, puisque l’esclavage a été aboli trois fois dans ce pays musulman : en 1905, du temps des Français, en 1960, lors de l’indépendance, en 1980 par le pouvoir militaire. Le crime est, en principe, passible des travaux forcés. Mais dans la brousse, sitôt sorti de la capitale, on plonge dans un autre siècle. Tout ce qui naît avec une peau claire descend des Maures razzieurs d’autrefois et fait partie des maîtres. Ceux qui ont une peau foncée sont esclaves. Mektoub, c’est ainsi. Et nous embarquons dans un pick-up avec un membre de la commission nationale des Droits de l’homme, une militante de SOS-Esclaves et Bilal, un esclave évadé qui veut délivrer sa sœur, retenue sous une tente par un maître qui lui a fait deux enfants, sans même subvenir à leurs besoins.

Nous voilà pris au piège de la réalité. Comment les préfets de région appliquent la loi à reculons. Comment le gendarme se retrouve déchiré entre le poids des traditions et son sens du devoir. Comment la sœur elle-même, Habbi, qu’ils finissent par retrouver, se débat, en pleine crise d’hystérie, jure qu’elle n’est l’esclave que de Dieu, refuse d’abord de se laisser emmener, dans ce qu’elle prend pour un enlèvement, vers une autre vie dont elle ignore tout et qui lui fait peur…
C’est escarpé, ardu, difficile, le chemin vers la démocratie…

La comédie hymen

Le Canard enchaîné, édition du 4 juin 2008
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L.-M. H.

La question posée par le désormais fameux jugement du tribunal de Lille est sans doute plus sérieuse que le débat qui a fait, depuis une semaine, la fortune des zincs et des plaisanteries égrillardes sur la virginité, qualité « essentielle » ou accessoire d’une jeune épousée. Le juge procède en deux temps. Primo, le mariage peut être annulé s’il y a eu erreur ou tromperie sur une « qualité essentielle » d’un des époux. Jusqu’ici, tout va bien : c’est ce que dit l’article 180 du Code civil. Et on peut concevoir que la dissimulation d’une impuissance ou d’un grave trouble mental puisse être considérée comme une tromperie sur une « qualité essentielle ».

Deuzio, la juge observe que le mensonge relatif à la virginité de la jeune femme est avéré, puisque reconnu par les deux époux. La virginité serait-elle donc une « qualité essentielle » ? Contrairement à ce qui a été expliqué et écrit un peu partout, le jugement ne le dit pas. Il dit simplement que cette qualité a été « perçue » comme essentielle et « déterminante » par le mari, et aussi finalement par la femme, qui s’est ralliée à cette position. En d’autres termes, la virginité n’est pas du tout élevée par ce jugement au rang et à la dignité de « qualité essentielle » d’une candidate au mariage. Mais c’est la perception qu’en avaient les époux qui justifie l’annulation.

« Perception » ? Il s’agit à l’évidence de croyance ou de tradition religieuse. Les époux étaient musulmans. Et les familles attendaient, avec cet épouvantable rite du drap taché, la présentation d’une preuve de la virginité de l’épouse. Le scandale et la demande d’annulation sont venues de l’humiliante impossibilité dans laquelle le mari s’est trouvé, au soir des noces, de présenter le trophée. Ce fut là sa « perception ».

Est-ce à dire qu’une autre perception pouvait justifier une autre décision du tribunal ? Il y aurait une interprétation du Code civil à l’usage des musulmans, une autre pour les Juifs, une autre encore pour les chrétiens. Encore faudrait-il affiner selon les chapelles, tendances et sous-tendances, traditionnelles, libérales, intégristes. Le tribunal déboutera-t-il le libertin qui aurait l’effronterie de prétendre que la virginité a pour lui quelque prix, tandis qu’il donnerait raison au barbu enturbanné venu présenter la même demande ?

Les juges de Lille ont inventé la justice à géométrie religieuse variable. Chacun peut y apporter ses préjugés, ses croyances, ses fantasmes. Quelque jour prochain, un bouddhiste viendra demander l’annulation de ses noces parce que la promise a, volontairement, écrasé une mouche. Ou un Juif parce qu’elle a allumé l’électricité un samedi. Ou encore un mari qui découvrira que son épouse est sarkozyste, ou qu’elle n’aime pas le foot.

Et si les tribunaux, de Lille et d’ailleurs, s’en tenaient aux « qualités essentielles » de Marianne, même si la vertu de notre République a parfois été bien malmenée par l’histoire ?