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Archive for the ‘La Nature’ Category

Un chêne survit depuis 13 000 ans sur une colline de Californie

C’est l’un des êtres vivants les plus vieux de la planète, mais il ne paie pas de mine : le gland de chêne de Palmer dont l’arbuste est issu a germé il y a probablement plus de 13 000 ans sur une colline de Californie, alors que la dernière ère glaciaire touchait à sa fin. Il a survécu jusqu’à aujourd’hui aux sécheresses et aux coups de foudre, non sous la forme majestueuse qu’on prête aux arbres du genre Quercus, mais sous celle d’un modeste buisson de 28 mètres par 5, ne dépassant pas 1 mètre de haut.

S’il a retenu l’attention des chercheurs, c’est parce qu’il était le seul de son espèce dans un environnement aussi sec, et à si basse altitude (336 mètres), alors que ses pareils s’épanouissent généralement entre 900 et 1 500 mètres. Les scientifiques ont fait l’hypothèse que l’ensemble des repousses émanait d’un clone unique. Une analyse génétique a montré que c’était bien le cas. Restait à déterminer son ancienneté. Impossible d’utiliser la datation au radiocarbone : les termites avaient dévoré tout le bois mort. Mais, en évaluant sa croissance annuelle à partir de cernes de branches, les chercheurs ont estimé à au moins 13 000 ans le laps de temps qui lui a été nécessaire pour coloniser le fragment de colline où il a pris racine.

Il y a peu de chance qu’il y subsiste encore longtemps : la ville est à ses pieds et grignote les alentours. Le chêne de Jurupa (du nom de la colline) surclasse en ancienneté Prometheus, un pin Bristlecone du Nevada vieux de 5 000 ans. Mais, dans sa catégorie des arbres « clonaux », il reste un jeunot par rapport à des peupliers faux-trembles de l’Utah : couvrant 40 hectares de forêt, ils sont issus d’un même système racinaire évalué à plus de… 80 000 ans.


(May et al., « PLoS One » du 23 décembre)

(Tous droits réservés à LeMonde.fr)

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En direct de Mars

Sur une image fournie par la Nasa, Mars révèle une activité saisonnière à propos d’émissions de méthane. Pour illustrer l’importance de cette découverte, les émissions de méthane sur Terre sont ventilées à 90 % par les êtres vivants, le reste par l’activité géologique.

Cette image démontre par conséquent que Mars réserve une activité géologique ou bien biologique, ce qui constituerait peut-être la première véritable preuve d’une vie extraterrestre. Cependant, s’ils s’agit d’une activité biologique, alors ces spécimens doivent se situer très en profondeur, là où de l’eau serait à l’état liquide.

Au final, c’est une bonne nouvelle, car il est désormais certain que Mars est toujours une planète en activité.

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La promenade dominicale se déroulait sans incident, respirant le vent à pleins poumons, souriant aux canopées ébouriffées, envoyant valser les aigrettes des pissenlits d’un coup du pied, quand je repérai un caillou bien plus brillant que ses congénères. Le ramassant, j’observai qu’il s’agissait d’une accrétion de mica noir.

J’ai médité sur une grande partie du chemin, le caillou dans la main ; me revenait en mémoire un morceau de mica blanc énorme trouvé dans le ruisseau, il y avait quelques années, depuis perdu ; celui-ci s’effritait, perdant des paillettes à chaque manipulation. Je me suis alors dit qu’il ne méritait pas de finir exposé sur une étagère. Je me suis approché du ruisseau, et je l’y ai jeté, pensant qu’avec le courant, il s’émietterait de la même manière qu’un galet, embellissant le ruisseau de discrètes étincelles.

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19 août 2008 2 commentaires

Cette maudite pergola qui attire une foultitude d’araignées, qui utilisent la fenêtre pour investir ma chambre ! J’vous ai déjà raconté la fois avec le faucheux… J’en ris, maintenant, mais sur le coup… Une autre fois, je me suis réveillé, un matin ; je me mets sur un coude, et qu’est-ce qui se met à traverser à toute berzingue mon oreiller (oui, mon propre oreiller ! Ce sur quoi je bave la nuit !), je vous le donne en mille : une araignée.

J’évoquais la pergola. Sur un des fils porteurs d’une toile en train d’être rebâtie par une épeire, s’est piégée une feuille d’un chêne du fond du jardin. Au moindre souffle de vent, là voilà qui gigote, désarmée. Les Parques sont intraitables.

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Gaëtan et moi-même nous promenions dans les bois. Nous marchions sans nous préoccuper du ciel imprévisible au-dessus de nos crânes. Les arbres rejoignaient leurs branches couvertes de feuilles et apportaient un abri naturel. Nous débouchâmes à un croisement de chemins.

Soudain, sur la droite, je remarquai un phénomène en train de se produire et avertis Gaëtan. Une pluie douce tombait en fines gouttes à une trentaine de mètres ; nous étions cachés dans l’ombre du nuage, au sec, tandis que dans la lumière la bruine se confondait en un mur aquatique, ou une porte menant à un autre monde.

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Le faucheux

6 août 2008 4 commentaires

Alors que je me dirigeais vers le frigidaire afin de me rafraîchir le gosier, je sentis un chatouillis sur le front au-dessus de mon œil droit. Je me grattai, croyant à une mèche rebelle. La démangeaison continua et c’est au moment où apparut dans mon champ de vision des fils qui ondulaient de manière propre, que je compris qu’un faucheux se déplaçait sur mon visage ! J’ai tout naturellement lâché un cri inarticulé en chassant la bestiole de la main. Puis, magnanime, j’ai saisi le journal et… l’ai chassée dehors.

Le faucheux (ou opilion) est l’araignée à longues pattes et possédant un corps en forme de boule grise. Elles sont capables d’abandonner un membre pour survivre, comme les lézards et leur queue ; ce qu’on nomme l’autotomie. Mon père me racontait qu’étant petit, il en attrapait et en arrachait les pattes, un peu comme une marguerite les pétales. Je n’ai jamais pu le faire ; d’une part, je ne voyais pas ça comme un jeu, de condamner ces bêtes : imaginez que l’on vous le fasse (ça me rappelle un passage du film The last king of Scotland ; abominable) ! D’autre part j’ai horreur des araignées en tout genre, même si celle-là ne m’effraie pas vraiment…

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5 août 2008 6 commentaires

– C’est magnifique.
Je m’arrête et me retourne.
– Quoi donc ?
– Le spectacle que la nature peut nous offrir.
L’homme qui me parle est un habitant de mon quartier. Alors que je remontais la pente de ma rue, il avait soudainement débouché d’une maison avoisinante, pour s’immobiliser sur la route, fixant quelque chose en l’air.
– A quoi vous faites allusion ? fis-je, gagné par la curiosité et saisissant l’occasion de pouvoir discuter avec lui.
– Regarde là-haut.
Je lève la tête vers sa maison (il sortait de chez un de ses amis), mais ne vois rien ; plutôt, ne vois pas ce qu’il souhaite me montrer.
– Il y a un nid d’hirondelles sous le rebord du toit.
– Ah oui, exact.
– Elles sont venues et ont essayé à plusieurs endroits d’en construire un. On aperçoit les marques sur le mur.
La façade en crépi blanc laissait apparaître les tentatives de nidification, à même hauteur que celui finalement édifié. J’avais dans l’idée qu’à l’avenir, il n’essayerait pas de les effacer.
– Elles ont mis plus d’un mois pour le faire ; elles se sont accrochées, petit à petit, pour le monter. J’ignore avec quoi. (Après une courte pause 🙂 Tu sais, on dit qu’une maison qui abrite un nid d’hirondelles, c’est qu’on y est heureux. Alors chez moi, on doit être heureux, pour l’avoir recueilli !
Il me souriait. Je lui rendis la pareille. Il ne payait pas de mine : vêtu d’une veste beige et d’un béret, portant une moustache ou une brosse de poils de nez antédiluviens (ma mémoire photographique s’embrouille), le tarin en trompette écrasée et la face rougeaude, les pommettes et le ventre ronds. Son haleine avinée facilitait l’élocution.
– Et ce qui est beau, c’est d’observer les allers-retours des parents pour donner à manger aux petits. Il y a deux oisillons ; j’ai regardé par la fenêtre. Et qu’est-ce qu’ils sont volaces, les parents !
– J’ai remarqué que les hirondelles ne se posaient jamais à terre ; en tout cas je n’en ai pas vues le faire.
– Oui, c’est vrai ! Elles volent au ras du sol et des champs, ramassent pleins d’insectes et les ramènent… Véloces, pas volaces. Oh ! Ça y est !
Une hirondelle, se déplaçant très vite, remonta à la verticale jusque l’ouverture, distribua la récolte en à peine une seconde et repartit, en lançant des cris stridents.
– C’est magnifique.
– J’avais vu un reportage qui passait sur la 5, et qui filmait des types dans une grotte au Brésil ramassant des nids d’oiseaux à plus de 60 mètres de hauteur ! En fait les nids entraient dans la composition de plats et se vendaient à un tarif aussi élevé que le cours de l’argent !
Ah ! Moi et ma grande g… mon grand bec.
– C’est interdit par la loi d’enlever les nids d’hirondelle. Je me suis renseigné : 15 000 € d’amende et quelques mois au frais.
– Ça fait mal.
– Ce sont des oiseaux protégés. 15 000 € et des mois de prison.
– J’en ai vu deux, des nids, sur les nouveaux logements, en face de l’école maternelle des curés.
– T’as raison ! J’les ai vus aussi. Eh bien les locataires n’ont pas intérêt de les toucher !
Visiblement ému, le visage illuminé, il ajoute :
– Et ce qui me fait le plus plaisir, par dessus tout, c’est qu’elles reviendront à ce nid l’année prochaine, et les années suivantes, après leur voyage d’hiver en Afrique.
Dans la lumière du jour finissant, un ciel dégagé de tout importun nuageux offrait ses espaces sans limites. L’hirondelle revint, chargée de victuailles pour ses petits, et une nouvelle fois retourna virevolter, en chasse.
– Pas à dire, c’est beau.

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