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À l’occasion de la libération…

Le Monde du 25/05/09
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Voici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour « terrorisme » avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et Paris, il est soupçonné d’avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. (Il a demandé à ce que certains mots soient en italique).

Comment vivez-vous votre détention ?

Très bien merci. Tractions, course à pied, lecture.

Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ?

Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu’aux dents s’est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d’un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs « prisons du peuple » en nous assommant de questions où l’absurde le disputait à l’obscène.

Celui qui semblait être le cerveau de l’opération s’excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c’était de la faute des « services », là-haut, où s’agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu’ils continuent de sévir en toute impunité.

Les sabotages sur les caténaires SNCF en France ont été revendiqués en Allemagne. Qu’en dites-vous ?

Au moment de notre arrestation, la police française est déjà en possession du communiqué qui revendique, outre les sabotages qu’elle voudrait nous attribuer, d’autres attaques survenues simultanément en Allemagne. Ce tract présente de nombreux inconvénients : il est posté depuis Hanovre, rédigé en allemand et envoyé à des journaux d’outre-Rhin exclusivement, mais surtout il ne cadre pas avec la fable médiatique sur notre compte, celle du petit noyau de fanatiques portant l’attaque au cœur de l’État en accrochant trois bouts de fer sur des caténaires. On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public.

Il est vrai que le sabotage des lignes de train y perd beaucoup de son aura de mystère : il s’agissait simplement de protester contre le transport vers l’Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultraradioactifs et de dénoncer au passage la grande arnaque de « la crise ». Le communiqué se conclut par un très SNCF « nous remercions les voyageurs des trains concernés de leur compréhension ». Quel tact, tout de même, chez ces « terroristes »!

Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de « mouvance anarcho-autonome » et d' »ultragauche » ?

Laissez-moi reprendre d’un peu haut. Nous vivons actuellement, en France, la fin d’une période de gel historique dont l’acte fondateur fut l’accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d' »éviter une guerre civile ». Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L’avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d’avoir pris l’initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant « sans complexe » avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l’Occident, l’Afrique, le travail, l’histoire de France, ou l’identité nationale.

Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu’elle n’ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d’entre ses éléments. Quant à l’extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l’état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n’a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.

Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n’a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l’importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c’est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d’entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.

Cette analyse sommaire du théâtre des opérations a dû s’imposer assez tôt puisque les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) les premiers articles dévoilant le terrible péril que feraient peser sur toute vie sociale les « anarcho-autonomes ». On leur prêtait, pour commencer, l’organisation des émeutes spontanées, qui ont, dans tant de villes, salué le « triomphe électoral » du nouveau président.

Avec cette fable des « anarcho-autonomes », on a dessiné le profil de la menace auquel la ministre de l’intérieur s’est docilement employée, d’arrestations ciblées en rafles médiatiques, à donner un peu de chair et quelques visages. Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l’y incarcérer. Or celle de « casseur » où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l’intention du nouveau pouvoir de s’attaquer à l’ennemi, en tant que tel, sans attendre qu’il s’exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression.

Il importe peu, finalement, qu’il ne se trouve personne en France pour se reconnaître « anarcho-autonome » ni que l’ultra-gauche soit un courant politique qui eut son heure de gloire dans les années 1920 et qui n’a, par la suite, jamais produit autre chose que d’inoffensifs volumes de marxologie. Au reste, la récente fortune du terme « ultragauche » qui a permis à certains journalistes pressés de cataloguer sans coup férir les émeutiers grecs de décembre dernier doit beaucoup au fait que nul ne sache ce que fut l’ultragauche, ni même qu’elle ait jamais existé.

A ce point, et en prévision des débordements qui ne peuvent que se systématiser face aux provocations d’une oligarchie mondiale et française aux abois, l’utilité policière de ces catégories ne devrait bientôt plus souffrir de débats. On ne saurait prédire, cependant, lequel d' »anarcho-autonome » ou d' »ultragauche » emportera finalement les faveurs du Spectacle, afin de reléguer dans l’inexplicable une révolte que tout justifie.

La police vous considère comme le chef d’un groupe sur le point de basculer dans le terrorisme. Qu’en pensez-vous ?

Une si pathétique allégation ne peut être le fait que d’un régime sur le point de basculer dans le néant.

Que signifie pour vous le mot terrorisme ?

Rien ne permet d’expliquer que le département du renseignement et de la sécurité algérien suspecté d’avoir orchestré, au su de la DST, la vague d’attentats de 1995 ne soit pas classé parmi les organisations terroristes internationales. Rien ne permet d’expliquer non plus la soudaine transmutation du « terroriste » en héros à la Libération, en partenaire fréquentable pour les accords d’Évian, en policier irakien ou en « taliban modéré » de nos jours, au gré des derniers revirements de la doctrine stratégique américaine.

Rien, sinon la souveraineté. Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste. Qui refuse d’avoir part à cette souveraineté se gardera bien de répondre à votre question. Qui en convoitera quelques miettes s’exécutera avec promptitude. Qui n’étouffe pas de mauvaise foi trouvera un peu instructif le cas de ces deux ex – « terroristes » devenus l’un premier ministre d’Israël, l’autre président de l’Autorité palestinienne, et ayant tous deux reçus, pour comble, le Prix Nobel de la paix.

Le flou qui entoure la qualification de « terrorisme », l’impossibilité manifeste de le définir ne tiennent pas à quelque provisoire lacune de la législation française : ils sont au principe de cette chose que l’on peut, elle, très bien définir : l’antiterrorisme dont ils forment plutôt la condition de fonctionnement. L’antiterrorisme est une technique de gouvernement qui plonge ses racines dans le vieil art de la contre-insurrection, de la guerre dite « psychologique », pour rester poli.

L’antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n’est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c’est la méthode par quoi l’on produit, positivement, l’ennemi politique en tant que terroriste. Il s’agit, par tout un luxe de provocations, d’infiltrations, de surveillance, d’intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l' »action psychologique », de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d’anéantir la « menace subversive » en associant, au sein de la population, l’ennemi intérieur, l’ennemi politique à l’affect de la terreur.

L’essentiel, dans la guerre moderne, est cette « bataille des cœurs et des esprits » où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l’ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l’exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l’humilier publiquement, inciter les plus vils à l’accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. « La loi doit être utilisée comme simplement une autre arme dans l’arsenal du gouvernement et dans ce cas ne représente rien de plus qu’une couverture de propagande pour se débarrasser de membres indésirables du public. Pour la meilleure efficacité, il conviendra que les activités des services judiciaires soient liées à l’effort de guerre de la façon la plus discrète possible« , conseillait déjà, en 1971, le brigadier Frank Kitson [ancien général de l’armée britannique, théoricien de la guerre contre-insurrectionelle], qui en savait quelque chose.

Une fois n’est pas coutume, dans notre cas, l’antiterrorisme a fait un four. On n’est pas prêt, en France, à se laisser terroriser par nous. La prolongation de ma détention pour une durée « raisonnable » est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés, et de la profondeur de l’échec; comme est compréhensible l’acharnement un peu mesquin des « services », depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques, ou à filocher le moindre de nos camarades. Combien cette logique de représailles a d’emprise sur l’institution policière, et sur le petit cœur des juges, voilà ce qu’auront eu le mérite de révéler, ces derniers temps, les arrestations cadencées des « proches de Julien Coupat ».

Il faut dire que certains jouent, dans cette affaire, un pan entier de leur lamentable carrière, comme Alain Bauer [criminologue], d’autres le lancement de leurs nouveaux services, comme le pauvre M. Squarcini [directeur central du renseignement intérieur], d’autres encore la crédibilité qu’ils n’ont jamais eue et qu’ils n’auront jamais, comme Michèle Alliot-Marie.

Vous êtes issu d’un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction…

« Il y a de la plèbe dans toutes les classes » (Hegel).

Pourquoi Tarnac ?

Allez-y, vous comprendrez. Si vous ne comprenez pas, nul ne pourra vous l’expliquer, je le crains.

Vous définissez-vous comme un intellectuel ? Un philosophe ?

La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d’Héraclite comme échappée d’un monde révolu. A l’heure de l’intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier « l’intellectuel », sinon l’étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l’aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir ?

Êtes-vous l’auteur du livre L’insurrection qui vient ?

C’est l’aspect le plus formidable de cette procédure : un livre versé intégralement au dossier d’instruction, des interrogatoires où l’on essaie de vous faire dire que vous vivez comme il est écrit dans L’insurrection qui vient, que vous manifestez comme le préconise L’insurrection qui vient, que vous sabotez des lignes de train pour commémorer le coup d’État bolchevique d’octobre 1917, puisqu’il est mentionné dans L’insurrection qui vient, un éditeur convoqué par les services antiterroristes.

De mémoire française, il ne s’était pas vu depuis bien longtemps que le pouvoir prenne peur à cause d’un livre. On avait plutôt coutume de considérer que, tant que les gauchistes étaient occupés à écrire, au moins ils ne faisaient pas la révolution. Les temps changent, assurément. Le sérieux historique revient.

Ce qui fonde l’accusation de terrorisme, nous concernant, c’est le soupçon de la coïncidence d’une pensée et d’une vie; ce qui fait l’association de malfaiteurs, c’est le soupçon que cette coïncidence ne serait pas laissée à l’héroïsme individuel, mais serait l’objet d’une attention commune. Négativement, cela signifie que l’on ne suspecte aucun de ceux qui signent de leur nom tant de farouches critiques du système en place de mettre en pratique la moindre de leurs fermes résolutions ; l’injure est de taille. Malheureusement, je ne suis pas l’auteur de L’insurrection qui vient – et toute cette affaire devrait plutôt achever de nous convaincre du caractère essentiellement policier de la fonction auteur.

J’en suis, en revanche, un lecteur. Le relisant, pas plus tard que la semaine dernière, j’ai mieux compris la hargne hystérique que l’on met, en haut lieu, à en pourchasser les auteurs présumés. Le scandale de ce livre, c’est que tout ce qui y figure est rigoureusement, catastrophiquement vrai, et ne cesse de s’avérer chaque jour un peu plus. Car ce qui s’avère, sous les dehors d’une « crise économique », d’un « effondrement de la confiance », d’un « rejet massif des classes dirigeantes », c’est bien la fin d’une civilisation, l’implosion d’un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l’ordre politique, la religion ou l’organisation des entreprises. Il y a, à tous les échelons du présent, une gigantesque perte de maîtrise à quoi aucun maraboutage policier n’offrira de remède.

Ce n’est pas en nous transperçant de peines de prison, de surveillance tatillonne, de contrôles judiciaires, et d’interdictions de communiquer au motif que nous serions les auteurs de ce constat lucide, que l’on fera s’évanouir ce qui est constaté. Le propre des vérités est d’échapper, à peine énoncées, à ceux qui les formulent. Gouvernants, il ne vous aura servi de rien de nous assigner en justice, tout au contraire.

Vous lisez Surveiller et punir de Michel Foucault. Cette analyse vous paraît-elle encore pertinente ?

La prison est bien le sale petit secret de la société française, la clé, et non la marge des rapports sociaux les plus présentables. Ce qui se concentre ici en un tout compact, ce n’est pas un tas de barbares ensauvagés comme on se plaît à le faire croire, mais bien l’ensemble des disciplines qui trament, au-dehors, l’existence dite « normale ». Surveillants, cantine, parties de foot dans la cour, emploi du temps, divisions, camaraderie, baston, laideur des architectures : il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l’école, l’innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral.

Envisagée sous cet angle imprenable, ce n’est pas la prison qui serait un repaire pour les ratés de la société, mais la société présente qui fait l’effet d’une prison ratée. La même organisation de la séparation, la même administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno règne partout ailleurs avec certes moins de méthode. Pour finir, ces hauts murs ne dérobent aux regards que cette vérité d’une banalité explosive : ce sont des vies et des âmes en tout point semblables qui se traînent de part et d’autre des barbelés et à cause d’eux.

Si l’on traque avec tant d’avidité les témoignages « de l’intérieur » qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c’est pour mieux occulter le secret qu’elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes.

Toute l’indignation vertueuse qui entoure la noirceur des geôles françaises et leurs suicides à répétition, toute la grossière contre-propagande de l’administration pénitentiaire qui met en scène pour les caméras des matons dévoués au bien-être du détenu et des directeurs de tôle soucieux du « sens de la peine », bref : tout ce débat sur l’horreur de l’incarcération et la nécessaire humanisation de la détention est vieux comme la prison. Il fait même partie de son efficace, permettant de combiner la terreur qu’elle doit inspirer avec son hypocrite statut de châtiment « civilisé ». Le petit système d’espionnage, d’humiliation et de ravage que l’État français dispose plus fanatiquement qu’aucun autre en Europe autour du détenu n’est même pas scandaleux. L’État le paie chaque jour au centuple dans ses banlieues, et ce n’est de toute évidence qu’un début : la vengeance est l’hygiène de la plèbe.

Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu’il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N’importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n’importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n’importe quel flic sait ce qu’il faut d’illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l’on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire.

Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l’illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l’on juge opportun de poursuivre et ceux qu’on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société. La race des innocents est éteinte depuis longtemps, et la peine n’est pas à ce à quoi vous condamne la justice : la peine, c’est la justice elle-même, il n’est donc pas question pour mes camarades et moi de « clamer notre innocence », ainsi que la presse s’est rituellement laissée aller à l’écrire, mais de mettre en déroute l’hasardeuse offensive politique que constitue toute cette infecte procédure. Voilà quelques-unes des conclusions auxquelles l’esprit est porté à relire Surveiller et punir depuis la Santé. On ne saurait trop suggérer, au vu de ce que les Foucaliens font, depuis vingt ans, des travaux de Foucault, de les expédier en pension, quelque temps, par ici.

Comment analysez-vous ce qui vous arrive ?

Détrompez-vous : ce qui nous arrive, à mes camarades et à moi, vous arrive aussi bien. C’est d’ailleurs, ici, la première mystification du pouvoir : neuf personnes seraient poursuivies dans le cadre d’une procédure judiciaire « d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », et devraient se sentir particulièrement concernées par cette grave accusation. Mais il n’y a pas d' »affaire de Tarnac » pas plus que d' »affaire Coupat », ou d' »affaire Hazan » [éditeur de L’insurrection qui vient]. Ce qu’il y a, c’est une oligarchie vacillante sous tous rapports, et qui devient féroce comme tout pouvoir devient féroce lorsqu’il se sent réellement menacé. Le Prince n’a plus d’autre soutien que la peur qu’il inspire quand sa vue n’excite plus dans le peuple que la haine et le mépris.

Ce qu’il y a, c’est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d’un paradigme de gouvernement à un paradigme de l’habiter au prix d’une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s’instaurer, à l’échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d’une gestion « décomplexée », une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s’est jamais vu qu’une classe dominante se suicide de bon cœur.

La révolte a des conditions, elle n’a pas de cause. Combien faut-il de ministères de l’Identité nationale, de licenciements à la mode Continental, de rafles de sans-papiers ou d’opposants politiques, de gamins bousillés par la police dans les banlieues, ou de ministres menaçant de priver de diplôme ceux qui osent encore occuper leur fac, pour décider qu’un tel régime, même installé par un plébiscite aux apparences démocratiques, n’a aucun titre à exister et mérite seulement d’être mis à bas ? C’est une affaire de sensibilité.

La servitude est l’intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c’est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu’elle se demande « pour qui vais-je voter ? », mais « mon existence est-elle compatible avec cela ? »), c’est pour le pouvoir une question d’anesthésie à quoi il répond par l’administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l’anesthésie n’opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée.

Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu’une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d’autres, comme tant de « jeunes », comme tant de « bandes », de nous désolidariser d’un monde qui s’effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d’escrocs, d’imposteurs, d’industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l’heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu’ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle « victoire » dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d’autres termes : la situation est excellente. Ce n’est pas le moment de perdre courage.

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La Revendication Établie de la Vie et de l’Être

Article 0 – Tout constituant de la matière dite vivante ou non, assemblés entre eux de manière complexe mais sensée, dans ce qui est appelé de coutume la Nature, ne peut être dégradée de manière irraisonnée par les êtres vivants qui en ont conscience.

Chapitre Premier – Graduation du vivant
Article Premier – Utiliser de la matière minérale ou/et organique pour son développement ; respirer ; se mouvoir : si au moins deux de ces trois notions sont remplies, tout corps est alors doué de vie.
Article 2 – Se reproduire ; posséder un moyen de communication et de compréhension entre individus de même espèce ; être autonome : si au moins deux de ces trois notions sont effectives, considérant la condition de l’article premier validée, tout corps doué de vie est alors un être vivant.
Article 3 – Raisonner ; s’imaginer dans le temps ; produire une écriture : si au moins deux de ces trois notions sont avérées, appuyées par la validation des conditions prescrites dans les articles premier et deuxième, ainsi que l’acceptation de l’article zéro, tout être vivant est alors doué de conscience.
Article 4 – Il ne faut pas considérer ces trois échelons comme le sommet évolutif du vivant. L’évolution peut apparaître régressive ou progressive. A défaut d’une autre connaissance du vivant hors de notre planète, et dans une attente de la représentation totale sur celle-ci, il semble pour le moment raisonnable de s’appuyer sur le constat présent.

Chapitre II – La médiation
Article 5 – Tout être vivant doué de conscience a le devoir d’être vigilant envers la Nature, qui lui a permis d’atteindre ce niveau de raison. La liberté le caractérisant ne doit empiéter en aucune manière sur celle de tout autre être vivant, doué de conscience ou non.
Article 6 – La notion du vivant doit être enseignée de génération en génération par les êtres vivants doués de conscience, non parce que leur supériorité sur les autres êtres vivants n’est que toute relative et d’une objectivité nulle, mais parce que leur instinct de conservation de leur milieu et de leur environnement peut s’être considérablement émoussé et avoir été en grande partie englouti dans l’inconscient général. Il ira donc de leur responsabilité de préserver la Nature de toute maltraitance dont ils seraient les auteurs.
Article 7 – La pédagogie de la préservation et de la plénitude de la Nature se doit d’être effectuée dans un lieu totalement indépendant de toute influence mercantiliste, religieuse, nationaliste.

Chapitre III – L’éthique
Article 8 – Aucun être vivant doué de conscience ne peut se permettre d’affaiblir une population d’êtres vivants à un nombre proche de l’extinction ou de l’appauvrissement génétique sous les prétextes suivants : nuisance ; chasse et exploitation abusives et intensives accompagnées ou non de gaspillage ; recherches scientifiques ; destruction de l’habitat naturel (déforestation, eutrophisation, incendie volontaire, tout type de pollution) en vue d’implantations massives artificielles ou de plantations inappropriées ; eugénisme.
Article 9 – Tout être vivant doué de conscience peut se permettre de procéder à l’apprivoisement d’autres êtres vivants, si cela ne contrevient pas à l’article 7 du présent accord.
Article 10 – Tout être vivant doué de conscience, suite à l’abandon d’un espace, doit dépolluer, démolir et recycler, nettoyer et contribuer à réimplanter un écosystème viable pour payer sa dette envers la Nature.
Article 11 – Tout être vivant doué de conscience a de ce fait le devoir de contribuer à la sauvegarde de la Nature, dans la mesure où cela ne nuit pas à son existence propre et qu’il ne l’entreprend pas à l’excès. Les positions extrêmes ainsi que les arguties hypocrites ne paieront jamais.

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Chabichou en péril

Un reportage de Yohann H. et son équipe

_Une nouvelle branche a vu récemment le jour dans les centres de désintoxication. Suite à une longue investigation au sein de ces établissements, ce fut avec un terrible constat que nous en repartîmes : rien, absolument rien ne peut guérir de cette extravagante addiction.
_Nous voulons évidemment parler du fromage. Cet ingrédient qui autrefois garnissait quantité de mets se voit aujourd’hui attaquer de toutes parts, voire supprimer dans de nombreux restaurants réputés du pays ! On ne va pas s’en plaindre, ce sont les chaînes de restauration rapide qui prennent la raclette de plein fouet.
_L’enquête que nous avons menée a pu conclure qu’à ce produit de basse extraction, il n’est point d’alternative : la création de patchs dits lipidique est un échec retentissant, et un substitutif l’est encore plus de par la nature gustative, olfactive et tactile qui est désespérément unique (malgré la légion de variétés de fromage), au grand dam des familles des intoxiqués.

_La faute au champignon
_Une étude a montré que cette dépendance fromagère démarrait de plus en plus tôt : il n’est pas rare à notre époque d’être témoin d’adolescents en train de meugler au lieu de rire, après ingurgitation manifeste de portions de contrebande. La gangrène blanche s’étend. Et maintenant, qu’en est-il de ces nouveaux-nés que l’on calme à l’aide d’un bout de roquefort ? Le résultat se fera sentir sans tarder, nous préparons une génération d’hallucinés.
_L’État s’est penché sur le sujet, laissant de nombreux laboratoires, INRA et consorts, se livrer à diverses expériences. Et voici ce qu’il en est ressorti : le responsable n’est autre que le champignon. Celui-là même qui enveloppe ces nauséabondes horreurs de croûtes plus poisseuses les unes que les autres, qui donne cette couleur morbide et piqueté au bleu, qui hurle « Mangez-moi ! Mangez-moi ! » à ces pauvres damnés des centres. C’est une lutte vaine, affirmions-nous, car le champignon est indissociable du fromage comme l’est le staphylocoque du furoncle. L’onctuosité du cœur n’a plus lieu d’exister sans le squame, fleuri ou non. D’où l’impossibilité de remplacer le fromage par autre chose en vue de soulager les toxicomanes.
_« Le phénomène prend de plus en plus d’ampleur, s’inquiète le docteur Feta, directeur du plus gros centre de désintoxication fromager de France, basé en Normandie, il viendra un jour – et il est proche – où nous ne pourrons plus accepter personne. Le problème se situe au niveau du temps de sevrage, qui dépasse de beaucoup celui consacré à l’alcool ou à l’héroïne, par exemple. C’est un fait, le fromage se doit d’être considéré comme une drogue dure. »

_La défoliation du bouton de culotte (1)
_Pour illustrer ce propos, nous avons arpenté le centre pour rapporter à nos lecteurs étrangers à ce milieu l’ambiance sordide qui y règne et le quotidien éprouvant du personnel. Le centre est quotidiennement assujetti à de véritables scènes de dépravation : ici, une infirmière se faisant mordre le derrière qu’un fou a confondu avec un rondelet ; plus loin, une femme se débat dans son sommeil, gémissant : « Déchaussez les moines ! Déchaussez les moines ! » Bien sûr, cela caractérise l’aboutissement d’une consommation effrénée de toute une vie.
_« J’essaye de m’accrocher… enfin, de décrocher… Ah !! Vous voyez ce que je veux dire... » s’exprime Kevin*, jeune hospitalisé en proie à des crises de personnalité, changeant brusquement de voix pour éructer une plaisanterie douteuse. Il est affublé d’un tee-shirt où le mot camembert qui y est inscrit voit ses quatre premières lettres écrites en majuscule. « Heureusement, j’ai un public qui semble supporter mes tics… et Tac, Rangers du risque !! » Et de s’excuser de suite, tout penaud. « On dit qu’un dealer ne consomme jamais la marchandise qu’il revend… Pour moi, c’est presque vrai… » Stéphanie* est à la tête d’un trafic d’apéricube dans le centre même, marché crémeux et obscur qui rapporte forcément. Quand on lui demande quelle saveur a le plus de faveur, la réponse fuse : « Au saumon, mon préféré !! »
_Il faut les voir, ces malheureux.

_Tsarcosaque, l’opportuniste ?
_Quelques concitoyens se sont regroupés en différentes associations pour l’intérêt du fromage, comme « Touche pas à mes roblochons » ou la fameuse « Fondue de toi ». D’autres néanmoins n’hésitent pas à rallier une ligne plus dure, comme le BRIE, le Bataillon de Résistance Internationale d’Entremont, qui, comme son nom l’indique, possède son siège à… Melun (2). Cela en réaction au projet de loi du ministre de l’Agriculture intérieure, Mr Tsarcosaque, qui souhaite purement et simplement interdire la vente libre de fromage dans les supermarchés.
_« Comme d’habitude, dès qu’il flaire un bon coup médiatique, Tsarcosaque monte sur ses grands chevaux, déclare hargneusement Esmeralda, membre actif du BRIE. J‘ai l’impression qu’il veut faire comme les Américains, ses modèles : nous amener au temps de la Prohibition. Il va détruire une partie de l’identité française ! » « C’est parce que ça ne rapporte rien à l’État ! C’est pas comme le tabac, rajoute Gael, également militant convaincu. Si on interdit le fromage, on doit interdire le tabac ! » Et devant notre mine interrogatrice, il lance sourire aux lèvres l’argument final : « Qu’on fume des clopes ou qu’on mange du frometon, le résultat est le même, on pue de la gueule ! »
_Qu’on se le dise, le débat n’est pas près d’être rafraîchi…

(1) Nom d’un fromage.
(2) Comme tout le monde le sait, le brie a plusieurs villes d’origine, comme Melun, Meaux, ou encore Provins.
* Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés afin de garantir l’anonymat des personnes interrogées.

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La Mana

Qu’est-ce que la Mana ?
La ou le, peu importe. La Mana est le principe absolu d’où tout est originaire. Elle est le principe des principes, elle-même provenant de ce principe imaginé.

Possède-t-elle une « unité de base » ?
Oui et non. Elle en possède une dans le sens où chaque constituant de tel organisme, de telle collection, de telle biocénose, de tel système solaire, de telle molécule représente une unité de Mana. Elle n’en possède pas dans le sens où chacune de ces unités est déjà issue du Mana. Le Mana est Un, Pluralité et Infinité.

Aura-t-elle une fin ?
Oui et non. Oui dans le sens où elle peut imaginer sa propre fin. Non dans le sens où la Mana ne peut se terminer sans l’aide de la Mana, et que la Mana ne connaît pas autre chose que la Mana : elle n’aura donc pas de fin, quoi qu’il advienne.

Toute chose a son contraire. La Mana en a-t-elle un ?
Le contraire du Mana, s’il existe (et doit exister), ne fera que remplacer la Mana et reprendra son propre rôle de Mana.

Existe-il autre chose que la Mana ?
Tout ce qui est différent de la Mana reste de la Mana puisque celle-ci a pu l’imaginer.

Peut-on dire que la Mana possède une conscience ?
Non. Elle est pure imagination. Oui, car dans cette optique elle peut tout créer. La Mana imagine la Mana sans avoir conscience d’elle-même.

Comment la Mana a-t-elle imaginé la vie ?
A toi de l’imaginer, c’est cela la Mana ! Tendre au-delà de sa conscience !

L’imagination est-elle plus « puissante » que la conscience ?
Indubitablement oui, car elle n’a pas de limites.

Mais sans la conscience, l’imagination ne peut exister !
Et comment la Mana aurait-elle pu imaginer la conscience si la Mana n’était pas pure imagination ? Peut-on appréhender l’infini à partir de limites ?

Dieu a créé la Mana.
Non. La Mana imagine tandis que Dieu crée. Elle a toujours imaginé et imaginera toujours. Dieu est de toute éternité quand la Mana est l’éternité. La Mana a imaginé l’éternité, et Dieu par la même occasion puisqu’il y est. Dieu est par conséquent conscient car il évolue dans les limites de l’éternité ! C’est-à-dire, également, incapable de créer la Mana, encore moins de l’imaginer car la création est limitée à et par son créateur. Et enfin puisque la Mana est pure imagination, c’est la Mana qui a imaginé Dieu créant.

Qu’en est-il du destin ?
Le destin n’est qu’une création des dieux, de Dieu. La Mana imagine le passé, le présent et le futur. La Mana ne prédétermine rien parce qu’elle n’a pas de jugement de valeur. Elle n’est pas une déité.

Comment peut-on aspirer au Mana ?
La Mana est mouvement ; même en étant immobile tu parais en mouvement pour ceux qui sont en mouvement. Mais cela est une réponse égocentrique (limitée en est l’équivalence). Et la Mana n’est pas seulement égocentrique parce qu’elle imagine les autres possibles. Pour tendre au-delà de notre conscience, il est nécessaire d’envisager autrui en plus de soi, et tout ce qui nous entoure. Ce sera un pas dans une des directions possibles, parce que nous sommes limités.

Tes réponses sont donc limitées.
Bien sûr. Ma conscience est incapable de concevoir la Mana par des mots. Cela n’empêche pas d’entendre la musicalité qui m’environne et de tenter de la restituer. Ensuite, chacun est libre de l’interpréter. Celui qui prêche et s’y complaît est certes dans une voie possible mais ne tend pas sa conscience. Il en va de même pour celui qui ne fait qu’écouter.

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28 juillet 2005 1 commentaire

Blondin ramasse la pierre au centre de la place du cimetière.
Tuco le regarde avec un sourire, mais il s’efface vite quand il se rend compte que son pistolet n’était pas chargé lors du Triangle de la Mort.
« Fumier ! Il aurait pu me tuer ! Quand l’as-tu déchargé ?? »
« Cette nuit… Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses. »
« Où ? »
Blondin lui fait signe de le suivre.
Ils s’arrêtent devant une tombe que Blondin désigne de la main.
« In-co-nnu ?… » fait Tuco, incrédule, en lisant l’inscription peinte sur la planche. « Mais y’a pas de nom sur cette tombe. »
Blondin montre la pierre.
« Là non plus, Tuco (il laisse tomber la pierre et regarde Tuco). Carson avait seulement dit : la tombe sans nom près d’celle de Stanton. »
Il plante la pelle dans la terre, crache, le regarde de sous son chapeau.
« Creuse. »
Tuco se met activement au travail, ouvre la tombe et en sort des sacs lourds. Il prend la pelle et frappe un sac jusqu’à ce que les pièces en or s’étalent dans la poussière.
« Blondin ! Les voilà les dollars ! Les voilà les d… »
Levant les yeux, il découvre une corde avec un nœud de pendu. Blondin le regarde fixement.
« Ah ha, tu veux rigoler, hein, Blondin, tu veux me faire une farce avoue-le, hein, ha ha ! »
« Ça c’est pas une farce, c’est une corde » fait Blondin, imperturbable. « Dépêche-toi d’passer ta tête là-d’dans, Tuco. »
Ce dernier hésite un instant, mais devant le geste d’empressement de Blondin avec son pistolet, il s’exécute. Il grimpe sur une croix en bois et place sa tête dans le nœud coulant. Blondin lui attache les poignets. Tuco lâche un cri quand son bourreau tire successivement la corde aux poignets et celle qui serre au cou.
« Alors Tuco, comme à la belle époque. »
« Hein ? »
« Moitié à toi… » Blondin prend des sacs d’or. « … et l’autre à moi. » Il les charge sur sa monture. Tuco commence à avoir du mal à respirer.
« Hé, mais écoute-moi… » Il manque de perdre l’équilibre. « Ecoute… Blondin… (celui-ci monte à cheval) Mais… »
« Sans rancune, hein. » Il se met en route.
« Blondin !… (il s’étouffe) Blondin !… Blond… BLOOONDIIIN !!! » Il se rattrape de justesse, ce qui coupe court à sa supplique.
Il ne peut s’empêcher de regarde les sacs d‘or par terre.
« Blondin… (la gorge oppressée, tandis que Blondin s’éloigne rapidement) Blon… Blondin… »
La croix tangue de plus en plus et grince.
« Blondin… Blondin… » Les mots sont courts, sortent difficilement de la gorge. Un pied dérape et se replace aussitôt, alors que Blondin devient une silhouette ténue dans le lointain.
La face rouge, Tuco regarde les sacs, puis de nouveau l’horizon. Blondin a disparu de sa vue.
« Blooondiiin… » Il tente de crier, mais la corde serre tellement que le son ne porte pas. Il est tout près de tomber et de se pendre, il se maintient douloureusement en équilibre.
« Ecoute… Blondin… aaah… » Ce sont plus des râles qu’autre chose. L’étouffement est proche.
Blondin réapparaît soudain dans son champ de vision, assez loin.
« Blondin !… »
L’homme en question regarde Tuco, pointe son fusil dans sa direction, et vise soigneusement.
Tuco écarquille des yeux.
Blondin tire et coupe la corde au-dessus de Tuco. Dans un hurlement bestial, celui-ci s’écroule à terre et s’écrase la tête contre le sac d’or éventré. « The Ugly » s’inscrit à côté de sa face, en image fixe. L’image fixe suivante montre le cadavre de Sentenza dans la tombe, « the Bad » écrit à son côté ; enfin, « and the Good » au-dessus de Blondin.
Blondin fait demi-tour et s’en va. Tuco se relève, s’avance en courant jusque la place centrale et pavée du cimetière, s’arrête, et hurle :
« Hé Blondin !!.. Tu veux que j’te dise ??… T’es le plus grand dégueulasse que… qu… que la Terre ait jamais portééé !!! »

Aïyaïya… Woin woin woin… ;o)

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Ce que vous allez lire est quasiment inédit en France : c’est la traduction française d’un épisode de Cowboy BeBop jamais diffusé ailleurs qu’au Japon : l’épisode XX Unreleased. Je m’étais déjà dit à l’époque (septembre 2004) que je devrais le traduire (il a un sous-titrage en anglais) pour mon plaisir, et puis pourquoi pas, que je diffuserais le contenu sur le journal ! Aujourd’hui, c’est enfin chose faite. Bon, la traduction est basique, digne de moi, j’ai tenté de reproduire le plus fidèlement possible l’atmosphère de la série (grande ambition). En particulier, chaque partie a un titre faisant référence à une chanson, comme c’était le cas pour les 26 épisodes de la série. Exemple : l’épisode 14 s’intitule Bohemian Rhapsody, du groupe Queen. J’ai réussi à trouver le groupe ou le chanteur de certaines d’entre elles. De plus j’ai marqué quel personnage parle pour toutes les parties, ce qui n’était pas le plus difficile, même pour du japonais. Last but not least, je tiens à remercier Stéphanie pour son aide précieuse à traduire des passages au-dessus de mes capacités (et maintenant pour m’avoir donné l’auteur de la chanson 15 !). Merci !

Voilà, maintenant je vous souhaite une bonne lecture, en espérant votre curiosité satisfaite (j’ai l’impression de parler à des centaines de personnes…). Et si certains passages vous semblent obscures, n’en tenez pas ombrage (c’est la faute à Stéphanie, hahaha 😉 j’plaisante), ce n’est qu’une traduction approximative.

Rien ne dure éternellement. Toute chose doit tirer sa révérence : c’est la tant redoutée loi de la nature. C’est un peu brusque comme annonce, mais aujourd’hui c’est le dernier épisode. Donc à cette occasion, j’aimerais rappeler toutes les choses qui se sont passées, et méditer là-dessus.

Partie 1 (Spike) : Food for Thoughts
La nourriture, c’est très important. Après tout, vous ressemblez à ce que vous mangez. Supposez qu’il existe un clone de moi, et qu’il n’ait jamais rien mangé d’autre que des hamburgers. Ce type et moi serions génétiquement les mêmes, mais nous serions des personnes complètement différentes. Le « Hamburger Spike » aurait un caractère davantage modéré que le mien… Ou bien serait le genre de gars qui va à l’église tous les dimanches. Il pourrait être un mec violent avec sa tête mise à prix. Ou un gars qui repasse ses chemises blanches avant de les enfiler. En tous points de vue, le « Hamburger Spike » est un individu différent de moi. En clair, quand vous choisirez ce que vous mangez, vous devrez bien y réfléchir.

Partie 2 (Jet) : Fools gold (The Stone Roses)
Il y a beaucoup à connaître d’un bonsaï. Il ne suffit pas juste de les tailler. Chaque bonsaï possède sa propre personnalité, et vous devez les laisser s’épanouir. Une personne stupide essayera de couper tout ce qui dépassera… Ils vont simplement couper, couper, et couper les branches qui dépasseront, alors que ces parties de l’arbre font toute sa personnalité et son originalité. Les personnes qui ne peuvent pas se figurer ça, ne devraient pas avoir le droit de tenir des ciseaux. J’ai de la peine pour le bonsaï.

Partie 3 (Faye) : Que sera sera
Je déteste les hommes qui ne pensent à rien. Mais je déteste les hommes qui forcent les autres à penser comme eux. Je déteste aussi les hommes qui ont de la pyorrhée. Il n’est pas pensable d’embrasser un homme si sa santé est mauvaise. J’aime les hommes dangereux. Mais… je dois les distinguer des hommes trop dangereux. Les hommes faibles ne m’attirent pas. J’aime les hommes qui connaissent leurs propres faiblesses. J’aime les hommes optimistes. Je ne peux m’imaginer essayer de prévoir à l’avance ce qu’il m’arrivera et en plus de vivre de manière pessimiste… La vie, probablement, ne s’embarrasse pas de savoir comment ça va mal tourner ou si ça va mal tourner.

Partie 4 (Ed) : You Can’t Always Get What You Want.
Ici Ed ! L’espace est très grand. Ed voyage pour trouver la vérité sur l’espace. Quand je marche pieds-nus, je me sens comme électrifiée. L’océan numérique est tellement vaste, il y a beaucoup de poissons. Quand je pose quelque chose sur ma tête, je deviens excitée. Quand je crois qu’il y a une vérité et que je la cherche, je n’arrive pas à la trouver… Mais quand je pense qu’il n’y a pas de vérité, je ne la trouve pas non plus. Je n’arrive pas à me procurer ce que je veux, mais je réussis à obtenir ce dont j’ai besoin.

Partie 5 (Spike) : Key of Life (Stevie Wonder)
Les humains vivent grâce à leurs battements de cœur. Un battement est une répétition systématique. En d’autres mots, un rythme. C’est vrai, quoique vous fassiez, le rythme est tout ce qu’il y a de primordial : quand vous marchez, mangez, faites l’amour, parlez… Le rythme est essentiel.

Partie 6 (Ed) : Doggy Dogg World
Wouaf Wouaf !! (Ein)
Hé . Hé ho Ein, pourquoi es-tu si poilu ? Je sais ! Parce que tu es sensible au froid ! Hé Ein. Tout d’abord Ein, pourquoi ris-tu si peu ? Oh, c’est parce que tu es nihiliste. Hé Ein. Après tout Ein, pourquoi es-tu si heureux ? Tu as raison. Parce que Ed est heureuse, vrai ?

Partie 7 (Jet) : Walk this Way (Aerosmith)
« Le plus grand respect qu’un écrivain puisse donner à ses lecteurs est d’écrire quelque chose auquel ils ne s’attendaient pas. » C’est ce que Goethe affirmait. Il a également dit ceci : « Que ce soit un ouvrage humain ou naturel, ce à quoi l’on doit particulièrement prêter attention est l’intention originelle. » Ce type a dit de sacrées bonnes choses… Qui se serait attendu à ce que je quitte mon métier de flic et que je devienne un chasseur de primes ? Tous mes vieux amis sont étonnés… Ils disent : « Tu as complètement trahi mes conceptions. » Mais au fond c’est bien. Je voulais faire quelque chose que personne n’aurait pensé voir venir de ma part. Voir des choses que vous n’avez jamais vu… Ecouter des histoires que vous n’avez jamais entendues… Mes anciens collègues sont assez envieux.

Partie 8 (Faye) : Natural Woman (Aretha Franklin)
Je déteste la simplicité. Je déteste aussi l’hygiène excessive. Etre au moins un petit peu sale, faire de ta maison et du monde des endroits plus faciles à vivre… Ils disent qu’ « une peau blanche dissimule sept imperfections », mais je déteste me cacher. Des marques… Des taches de rousseur… Qui a-t-il de mal à cela ? Si chacun avait la même peau, le même visage, vous ne pourriez dire qui vous êtes. Je ne sais pas moi-même ce à quoi les miennes correspondent. C’est pourquoi… je ne peux pas effacer ces indices. Ils sont tous des témoignages de ma vie, vous comprenez.

Partie 9 (Spike) : Instant Karma ! (John Lennon)
Laughing Bull parle : « Swimming Bird, sais-tu de quoi ton corps est composé ? » Je parle : « Je ne sais pas. Probablement d’une quelconque fiente d’oiseau roulant çà et là. » Bull parle : « Swimming Bird, sais-tu de quoi ton âme est composé ? » Je parle : « Je ne sais pas. Probablement d’un nuage de poussière voltigeant çà et là. » Bull parle : « Ces réponses sont fausses ; mais pourtant vraies. Ton corps est connecté avec l’univers ; comme il ne l’est pas. Ton âme comprend l’univers en entier ; comme elle ne le fait pas. Cela est pareil pour moi comme pour tout un chacun. Si tu détestes quelqu’un, tu te détestes en tant que tel. Si tu aimes quelqu’un, tu t’aimes en tant que tel. » Je parle : « Je ne ressens rien pour qui que ce soit. » Bull parle : « C’est… le plus terrible malheur sur cette terre. »

Partie 10 (Spike) : Sugar Mountain (Neil Young)
Si vous donnez à un bébé uniquement des sucreries, il vous criera qu’il ne voudra que cela, et il ne mangera pas les aliments nutritifs qui lui sont vitaux. Les choses comme les bonbons sont du poison après tout. Maintenant il ne faut pas croire que j’encadre seulement le domaine de la nourriture. Le monde est rempli de douceurs. Si vous ne consommez que ce genre de trucs, votre cerveau va pourrir et devenir du yaourt.

Partie 11 (Jet) : Chain of Fools (Aretha Franklin)
Eh bien vous voyez, la cuisine est un tout. Ce n’est pas aussi facile que de rajouter par-ci par-là des arômes. Une personne insensée rajoutera trop de goût et servira un plat où vous ne pourrez pas dire si c’est du poulet ou du bœuf. Ce genre d’individu ne devrait pas utiliser de wok (NdY : ustensile de cuisine asiatique, sorte de poêle profonde qui sert à faire revenir les aliments à feu vif). La saveur d’origine des ingrédients… Autrement dit, si c’est du bœuf, alors vous devez cuisiner en laissant le bœuf cuire tel qu’il doit être cuit. Sinon la viande sera immangeable.

Partie 12 (Faye) : Do it Yourself
« Ne comptes pas sur les autres et débrouilles-toi toute seule ». Je ne sais pas qui m’a appris ça mais j’y ai longtemps cru. Ce n’est pourtant pas aussi simple. Je ne voudrais pas qu’on compte sur moi car je ne serais pas capable de m’en sortir. Et même si c’était le cas, je me demanderais : « Etait-ce réellement pour leur bien ?… » A la fin, tu dois saisir ta propre chance.

Partie 13 (Spike) : If 6 was 9 (Jimi Hendrix)
Douter de tout ce que vous acceptez de croire… C’est très important. Une information reste une information, après tout. Si vous pensez que ce que la télé débite comme infos est la vérité, vous vous fourvoyez gravement. Ouvrez vos propres yeux, débouchez vos oreilles, et regardez et écoutez le monde qui vous entoure… Et surtout pensez à utiliser votre propre cerveau. Après que vous ayez douté de tout, il y a une possibilité de réel en ce que vous pouvez croire. C’est comme ça : pour croire en quelque chose, doutez de tout !

Partie 14 (Jet) : Amazing Grace (chantée par Elvis, Louis Armstrong, Ray Charles…)
Le bon côté des choses dans la chasse à primes, c’est qu’il n’y a pas de règles. Pour attraper les personnes fichées il n’y a pas écrit « Fais ceci » dans ton existence. Mais si tu les brusques un peu, elles vont commencer à se plaindre ou à devenir mauvaises et à dire que c’est contre les règles. Elles sont pourtant supposées vivre en suivant les règles établies ! Mais qui a conçu ces principes ? Ce n’est pas comme si nous étions nés pour obéir à quelqu’un. Qu’elles soient menacées ou corrompues, nos âmes ne sont pas à vendre. Malheureusement, l’âme freelance est une antiquité. Ah bon ? Et ce cœur-là alors ? Désolé mais c’est à un prix trop élevé pour l’acheter.
(Ed)
Une leçon, une leçon… Si on rencontre un étranger, suivons-le !

Partie 15 (Ed) : My Favourite Things (John Coltrane)
Ed n’a pas eu à souffrir de quoi que ce soit. Peut-être ai-je souffert, mais je ne m’en rappelle pas du tout. Si vous me demandez pourquoi, c’est parce que j’ai seulement fait des choses qui semblaient amusantes. De même que pour les choses ennuyantes, je trouve quelque chose d’un peu amusant en elles et ça m’excite. Mais si c’est trop ennuyeux, je vais dormir. Quand je dors, c’est rigolo de se retourner tout en rêvant. La fin.

Partie 16 (Spike) : Unfinished Sympathy (une excellente chanson de Massive Attack !)
Bruce Lee a dit ceci : « Vide ton esprit, évacue l’image physique que tu gardes de toi et sois comme l’eau. Si tu déposes de l’eau dans une coupe, l’eau devient la coupe. Si tu déposes de l’eau dans une tasse de thé, l’eau devient la tasse de thé. L’eau peut s’écouler ou elle peut violemment s’abattre. C’est pourquoi, mon ami, sois comme l’eau. » Comme prévu, mon cœur d’apprenti ne pouvait s’exprimer différemment. Il a également dit ceci : « Ce que j’enseigne n’est pas du self-défense ou comment vaincre des adversaires ou d’autres choses comme ça… Mais plutôt, comment s’affranchir soi-même par ses mouvements, que ce soit par la colère, la détermination ou n’importe quoi d’autre. Autrement dit, une méthode d’expression du corps humain en l’utilisant pour le combat. » Vous ne pourrez plus dire que Bruce Lee était juste une star de cinéma ou un artiste des arts martiaux, n’est-ce pas ?

Partie 17 (Jet) : Public Pressure
S’il existe un Dieu sur cette planète, j’aimerais lui demander un souhait : un châtiment divin à tous ceux qui restreignent la liberté.

Partie 18 (Faye) : Whole Lotta Love (Led Zeppelin)
Je pense souvent que je n’obtiens pas tout ce que je voudrais avec cette personnalité. Je pense souvent que comme ça les mecs biens vont partir en courant. Mais c’est ce que je suis donc je ne peux pas être aidée. Si je change, quelqu’un dira : « Même si je ressemble à ça je suis vraiment une femme d’intérieur. » Peu importe. Même si ça ne me mènera à rien de bien. A la fin… c’est dur… Simplement je vais regretter… Moi… ça devra être quelqu’un qui m’aimera pour moi-même. Bien, je pense qu’il faudra être solide pour être avec moi mais… il y a probablement un homme assez malchanceux sur terre…

Partie 19 (Jet) : Wild Style
Plus d’un siècle auparavant il y avait un joueur de saxophone appelé Charlie Parker. Il semble qu’il fut le premier homme à jouer sans utiliser de partitions. En d’autres termes, il était fatigué de jouer la même chose et commença à improviser : à jouer dans son propre style. La musique auquel il contribua s’appelle le Bebop. Oui, c’est vrai, c’est l’origine du nom du vaisseau.

Partie 20 (Spike) : Daydream Believer (The Monkees)
Nous dormons tous tant que nous sommes réveillés et sommes réveillés pendant que nous dormons. Le passé est-il la réalité ? Est-ce que les souvenirs sont la vérité ? Les rêves sont-ils des rêves ? Les rêves que nous faisons pendant que nous sommes endormis ; les rêves que nous faisons alors que nous sommes réveillés : il n’y a pas de différence entre les deux. Les personnes qui disent qu’elles ne rêvent pas ne font seulement qu’oublier. Et les personnes sans rêves ne s’en aperçoivent tout bonnement pas. Ce sont des lâches. Ils veulent les voir, mais ils se sont simplement eux-mêmes forcer à ne pas les voir.

Partie 21 (Spike) : Hang on to yourself (David Bowie)
Et c’est juste une illusion. Contrôlée par une main invisible, la vérité est toujours couverte par une épaisse bâche. Mais tout comme les lunes de Titan, elle existe discrètement. Eventuellement elle se montre d’elle-même après que la tempête de sable soit tombée.

Partie 22 (Spike) : Look Back in Anger
Donc… Arrêtons de passer notre colère sur de tels plaisirs simples. Ce n’est pas une blague. Encore moins une fiction. Ou alors, aurais-je encore fait un mauvais rêve ?

Partie 23 (Jet) : Tangled up in Blue (Bob Dylan)
Un chanteur de blues, quelque part, fut amené à dire ceci après qu’on lui avait demandé la définition du blues… « Le blues est… chanté à propos d’un certain genre de problème qui ne peut être résolu. »

Partie 24 : It’s all over now, Baby Blue (Joan Baez)
CE N’EST PAS LA FIN.
UN DE CES JOURS VOUS VERREZ LE VERITABLE « COWBOY BEBOP » !

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