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Archive for mai 2011

Guacamole

Aujourd’hui, mon thym est mort. Ou peut-être hier, je ne sais pas. Depuis plusieurs jours il avait mauvaise mine, ses feuilles se racornissaient, il attirait des moucherons – ces vautours. J’ai tenté au maximum de le maintenir en vie : élagages méthodiques, dons du sang, rien n’y a fait ; c’était peut-être son destin, lui qui était de l’espèce Faustini.

Je voulais seulement une plante, quelque chose qui aurait senti bon le Sud et dont j’aurais glissé une couple de longues tiges dans une bouteille d’huile d’olive ; joindre l’utile à l’agréable, comme on dit. Je l’ai retiré de son pot et mis dans un sac poubelle, charnier du quotidien. J’ai racheté un plant de thym d’une autre espèce et deux cactus, dont l’un a remplacé le Faustini dans son contenant.

Mon voisin du dessus m’a observé au moment où je procédai à l’échange pot à pot, sur la terrasse ; nous nous sommes rendus une petite salutation de la tête. Faut-il y voir une sorte de cause à effet, je l’ignore, mais quoi qu’il en soit, dans l’heure qui suivit deux policiers ont sonné à ma porte et m’ont demandé s’ils pouvaient entrer. Je leur ai dit que oui, que je n’ai rien à cacher, soyez les bienvenus. Je ne ressens aucune antipathie particulière à l’encontre de la gent policière, mais ces deux-là, ils  m’ont rebuté dès leur entrée dans l’appartement. L’un d’entre eux s’est mis à renifler ostensiblement en s’avançant dans mon petit salon, tandis que l’autre m’expliquait qu’on leur avait fait part de plantations douteuses ici. Sûr, que je leur ai dit, mes cactus n’ont pas une forme banale, mais ce ne sont que des cactus.

Le policier renifleur s’est soudain fendu d’une exclamation en apercevant les pots au bord de la fenêtre, puis s’est approché tout près en m’interrogeant, qu’est-ce que c’est que ça, une nouvelle espèce de marijeanne, du pavot ogéhème ? Je n’y connais pas grand-chose aux plantes, mais lui en tient une couche que je me suis dit. Ce sont mes cactus et mon thym, je lui ai répondu, et j’ai fait les présentations, voilà Arès et là c’est Mickey, et là Thymthym. Mon intention n’était que de détendre l’atmosphère, cela n’a pas paru plaire aux policiers, qui m’ont signifié avec un zèle de serviteur de l’ordre public que la Loi m’ordonnait de déclarer l’existence de ces plants à l’Hadopi car ils avaient un nom déjà déposé, et que j’allais payer une amende. Je leur ai répondu qu’il n’en était pas question, que c’était n’importe quoi, qu’un Italien qui s’appelle Mario ne paye pas de redevance à Nintendo que je sache. Là-dessus ils m’ont embarqué pour outrage et résistance passive à agents assermentés, et j’attends mon avocat en cellule.

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Catégories :Bordeaux

Toulouse 3/3

Je ne vous ai pas raconté le rêve qui m’a assailli la veille de mon départ. Pour résumer la chose, je jouais à la pelote basque avec d’autres personnes non identifiées mis à part Melaine, contre un mur qui n’était autre qu’un volcan. Je me souviens que dans le même point, j’avais tapé la balle de manière superbe avant de foirer le suivant lamentablement, et donné le point à l’équipe adverse. C’est ce qui fait de nous des humains. Puis, alors que nous roulions, de passer à côté d’un ruisseau de lave ; et moi d’afficher un air incrédule.

Je zappe le visionnage de duels sur Starcraft II – toute cette bouillie zerg après un délectable déjeuner végétarien… Non, les événements qui ont sublimé le samedi sont la soudaine apparition dans mon champ de vision d’une tablette sumérienne et la soirée en bord de Garonne. Tablette vue au musée Saint-Raymond, superbe endroit à côté de l’église Saint-Sernin, objet multimillénaire qui m’a beaucoup ému en sachant que ce document a traversé le temps, témoin des débuts de l’écriture. C’est à partir de ce moment que l’on devrait dater les années, bon sang de bonsoir !

J’ai aimé être là, sans l’être vraiment, sur les bords de la Garonne, appréciant la camaraderie qui se dégageait de l’entourage de classe de Galou. Je me souvenais des pitreries perpétrées à la fac et plus récemment à l’IUT. (Z’avez remarqué que plus on s’éloigne du début de cette chronique, moins je fais le fou dans ses lignes ? L’écrire à une semaine de distance enlève l’inspiration de l’instant. J’ai néanmoins l’entrain de la bande originale de la série Treme dans les oreilles ; une série que je vous recommande chaudement !!)

Sincèrement, le système public de vélo à Toulouse est bien plus réglo et utilisable pour les gens de passage que celui de Bordeaux ! Un choix politique qui reflète la mentalité des deux villes ! Je n’avais pas fait de vélo depuis mon passage chez Élodie à Aureilhan, copine que j’escomptais bien voir à Toulouse ; occasion manquée. La première expérience cycliste avec Galou remonte à la Première année de fac, si proche et si lointaine, avec un matériel aux pneus usés, de nuit, passablement éméchés… Mais c’est une autre histoire. Et je n’avais pas dégusté de produits fait-maison depuis ce même passage chez Élodie – ah ! ce confit de porc ! Merci donc à Fanny – et sa mère – pour ce délicieux vin à l’orange et cette goûteuse confiture à l’orange amère.

Le dimanche fut trop bref, j’essayais d’oublier l’idée de mon départ en m’efforçant de me croire Keith Richards dans Sympathy for the devil… Oui, Guitar Hero 5 sur la Wii… Un petit-déjeuner sur la terrasse intérieure, au soleil, un trop court repos dans le hamac… Les souvenirs défilent, et je hais les départs. Je ne sais pas les faire, et quelque part, c’est peut-être heureux, ça veut dire que j’ai du mal à cacher la tristesse de la séparation.

Mais bon garçon (oui, je m’adresse à toi Gael), merci de ton accueil, de celui de Fanny, tes amis, tes colocataires. Quelle bulle d’oxygène ce week-end !!

Catégories :Trip-scripts