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Toulouse 2/3

Nous approchons de 13 heures, nous avons fait notre petit tour au marché. N’est-ce pas que c’est moignon ? (Oui, il s’agit encore d’un jeu de mots. Un mix entre mignon et oignon, qui donne moignon. Bon, j’aurais préféré un mix entre kiwi et mignon, ça m’aurait donné quignon, qui est déjà plus ragoûtant que moignon. On ne peut pas tout avoir ! La blague, le tabac et le bisou du représentant de Camel. [J’admets qu’avec la précédente phrase j’obscurcis encore mon propos, qui était au départ éclairé LEDement. Hahaha. Ça me fait penser qu’un de ces quatre (Fantastique), il faudra que je ponde sur le papier un texte qui ne fait qu’enchaîner les blagues pourries. Oooh, je sens la motivation grimper…])

Je ne crois pas avoir expliqué la raison de ma venue sur Tolosa. Ce cher Galou (surnom sudiste), après m’avoir fait l’honneur de sa visite en compagnie de sa douce, Fanny, et d’un ami à elle, le week-end dernier – tandis que j’entamais un rhube ravageur -, à l’occasion d’un concert donné sur Mérignac (j’apprécie certaines phrases à rallonge, pas vous ? On peut prendre ça pour de la masturbe et ça perturbe.), m’a élégamment invité à vivre sa pendaison de crémaillère dans sa nouvelle demeure qu’il partage avec trois autres membres de sa classe, tous comme lui apprentis journalistes. Point. (Un p’tit effort Yoyo, t’aurais pu faire bieeen mieux dans la longueur.) J’ai accepté, tout en pariant sur l’état de ma santé (qui s’est révélé bien bas jusqu’à mercredi ; mais ça, tout le monde s’en tape le couillard. Oups, une coquille.).

Oh ! Il faut que je parle de mes nouveaux amis ! Alors que j’accueillais ces lascars, nous avons parcouru les allées de la Foire aux jambons, sise place des Quinconces de façon biannuelle, et v’là t’y pas qu’on tombe sur des plantes aromatiques et des cactus ! Ma sève n’a fait qu’un tour, il fallait que je me procure un nouveau plant de thym, le précédent n’étant plus secourable, malgré de nombreuses tentatives et autres bouche-à-bouche. Thymthym est mort, vive Thymthym. Et le lendemain, dimanche, et Dieu sait (et Il sait, le bougre) que je n’aime guère solliciter le commerçant le dimanche – je dois être attaché à ce jour traditionnel de repos -, je me suis à nouveau dirigé vers la place des Quinconces. Mais bon, c’était un cas de force majeure, et je l’ai levé bien haut à la face du Saint Père. Du coup, voici venir divertir mon appartement de leur modeste condition de végétal Thymthym ainsi que les cactus Mickey et Arès : Mickey car il ressemble aux deux gants blancs du rongeur, et Arès car avec sa forme trompeuse et vertement trompetteuse, il me donne l’impression de débarquer tout droit de Mars (d’une histoire d’E. R. Burroughs pour être précis). Et comme je suis davantage philhellénique que romantique (je suis romantique aussi, ne vous leurrez pas !), le nom s’est imposé. Fin de la parenthèse. Qui fut large. Ah bah voilà, j’ai encore débordé.

Arrivé l’aiguille sur le 23 à Toulouse, je n’aurais profité de cette fête qu’une petite heure, jusqu’à cette pénible intervention de la police sur appel de voisins peu complaisants. C’est pourquoi nous nous sommes déplacés dans la ville jusqu’à nous arrêter place dite d’Arnaud-Bernard. Rien de neuf sous la lune, nous avons vidé quantité de godets.

J’avais une mission pour vendredi : trouver la librairie Ombres blanches. J’ai failli. N’empêche, j’y suis allé. J’ai eu plaisir à constater que l’activité autour des livres est mieux répartie qu’à Bordeaux, où Mollat et deux grosses franchises « culturelles » écrasent et asphyxient. Vous qui me lisez, la prochaine fois que vous passez à Bordeaux, visitez La mauvaise réputation, librairie spécialisée dans l’image underground, la littérature érotique et la contestation ! Je ne suis pas reparti sans livres d’Ombres blanches (je suis si puissant que je me souviens d’où provient chaque bouquin acheté ! Quoi ? Je le sais parce que je n’en ai pas beaucoup ?? Pheuq Ihou ! Même pas vrai, d’abord.). Ma bibliothèque s’est agrandie d’un Que sais-je ? sur la science-fiction et de l’histoire d’Alexandre le Grand par Quinte-Curce. Je me sens plus intelligent rien qu’à les sentir.

Autre plaisir découvert ici, la plus grande place donnée aux arbres. Plus une ville en dispose, moins je suis morose. Bordeaux est quand même plus sévère d’aspect, plus hautaine… (Et merde, qu’est-ce que je fous aussi loin sur la Garonne ?)

Le soir… Le soir, Galoche m’a emmené dans un lieu improbable. Moi qui souhaite un jour que j’espère prochain, savoir jouer du piano, de la batterie et/ou harmonica (et un quatrième instrument dont paradoxalement j’ai oublié le nom), j’aurai pratiqué du repinique, instrument utilisé dans le genre de la batucada, ensemble brésilien de percussions. Pas facile d’attraper le pas de quatre et le rythme ternaire, malgré tout pour une première séance je pense m’en être bien sorti. J’avais tout de même une improbable distraction : le derrière magnifiquement sculpté d’une fille du groupe. Chaque fois que je la regardais, je ratais mon pas.

Parce que j’ai développé un concept sur les derrières – dans mon cas, je m’attarde uniquement sur les féminins. Mais il est évidemment impensable de m’attarder à chaque postérieur que je croise, c’est comme si je devais m’arrêter pour ingurgiter chaque fromage que j’apercevais. Z’êtes pas bien, vous, c’est le meilleur moyen de s’en écœurer. Surtout que j’ai comme qui dirait la sensation que tous ceux qui me liront me prendront pour un pervers. Mais personne ne me persuadera que le deuxième sexe n’en fait pas autant. Bref. J’ai dû parler de ce concept à quelques-uns, mais je ne me souviens plus qui ; je vais donc écrire tout ça comme s’il s’agissait de la première fois.

Prenez un derrière. Considérez qu’il est composé d’une fesse gauche et d’une fesse droite ; c’est le nœud du problème, si j’ose dire. Lorsque l’individu se met en bran… en marche, vous remarquez que selon la jambe lancée en avant, la fesse opposée ressort du paquet de chair. Et vice-versa. Ceci relève purement et simplement de l’hypnose ; les types de la mode l’ont pertinemment compris (en l’exploitant). Ce mouvement de balancier est tout simplement le fondement de mon concept sur la lutte perpétuelle, la guerre éternelle qui prévalent chez les êtres humains. Que les fesses tentent de continuellement se surpasser l’une l’autre n’est qu’une image guerrière, mais comme cette houle renvoie une foule de perceptions liées fondamentalement à la reproduction, ma Raison s’égare. Ce roulis est une arme inconsciente et terrible, et comment nommer l’émotion qui nous étreint à fantasmer sur ne serait-ce que le doux frottement provoqué entre ces deux calzone ! Oui, il n’est pas autrement question ici que de la guerre que se livrent la fesse gauche et la fesse droite ; certains derrières en pesant plusieurs, de livres. Ce sont des artifices, mais quels artifices ! J’ajouterais même : c’est un feu d’artifice permanent ! Je dépasse souvent, et je tiens à le signaler, la lubricité (ce terme suggère évidemment l’interprétation) que projette l’animation de cette arrière-boutique féminine en raisonnant sur sa beauté intrinsèque.

Mais comme toute chose en ce monde, la viscosité en viendra à bout. Et c’est parce que c’est éphémère que le mono no aware des Japonais prend ici un sens, et que l’être humain, dans son souci de batailler contre la brièveté de la vie va en guerre pour le posséder et surtout le conserver. En vain, cela va de soi.

Tout ce galimatias pour dire à quel point les coups d’œil sur ce postérieur si beau dans sa vivacité à l’instant t me déconcentrait du rythme sud-américain ; quel besoin de s’exporter au Brésil pour se faire poser des implants fessiers, franchement. Mais cette apparition n’était que la Cérez sur le gâteau [rires enregistrés]. Je me renseignerai sur les ateliers de batucada à Bordeaux. Je tiens aussi à remercier les Toulousains de leur accueil et de leur souci à m’éclaircir la pratique et l’entente de leur art.

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