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Archive for janvier 2010

Réponse du PJEF

8 janvier 2010 2 commentaires

Voici la réponse du Prix Jeune Écrivain Francophone vis-à-vis de mon texte Déménageurs.

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Invention :

Vous avez choisi et exploité un sujet peu commun et qui paraît, au premier abord, peu porteur. Cependant, cela vous permet de peindre une galerie de portraits plutôt intéressante, d’autant qu’elle est perçue par un narrateur pertinent. L’arrière plan social et l’ancrage dans l’actualité achèvent de rendre cette galerie de portraits réaliste et proche du lecteur.

Le choix d’un narrateur interne nous place au plus près d’un protagoniste inattendu qui semble ne pas avoir sa place dans cet univers viril et brusque. Sa finesse d’analyse, son ton provocateur, son air désinvolte et sa capacité d’observation en font un témoin au regard drôle, tendre, sarcastique mais jamais totalement méchant. Son potentiel d’autodérision le rend d’autant plus attachant.

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Composition :

Vous faites alterner dialogue au discours direct entre vos personnages, descriptions des actions puis des pensées du protagoniste ce qui crée une dynamique et évite la monotonie.

Vous êtes capable de trouver des expressions qui font mouche et ne manquent pas de nous faire sourire ; il est néanmoins dommage que vous n’en ayez pas fait profiter votre titre, un peu facile.

Quelques éléments nous ont gênés : au niveau du cadre spatio-temporel, vous localisez et décrivez les lieux mais leur distance et les villes qui les accueillent demeurent parfois floues.

En outre, l’aspect routinier du quotidien du protagoniste crée une certaine répétition inévitable pour le lecteur. Peut-être auriez-vous gagné à être plus concis, plus synthétique, le lecteur a du mal, au bout de dix pages à voir où vous volez en venir, s’il s’agit d’une chronique qui va nous permettre de suivre au jour le jour le protagoniste ou s’il faut attendre un élément perturbateur.

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Forme :

Il nous a semblé que votre usage des parenthèses était excessif et pas toujours justifié.

Nous avons également relevé quelques erreurs : « que j’ai pu décerné » page 13, « cliente auquelle » et certaines tournures syntaxiques maladroites « Faute de récent travail ». De même, un jeu des temps incorrect : p. 6 « m’épargnent/jaillissaient » ou pesant : « il était inévitable que nous nous trompassions ».

Mais ce qui demeure le plus fréquent dans votre texte est une tendance à associer deux niveaux de langue différents. Cette association nous a paru inopportune. Peut-être est-ce là un moyen de montrer le clivage entre le narrateur et ses collègues mais ce passage d’un niveau de langue à l’autre semble parfois incongru et injustifié. Par exemple : « trimer/for intérieur » ; « patate/présentement ». Par ailleurs, certaines expansions du nom, comme celle du début : « entêtante sonnerie électronique du portable qui brise » nous ont paru quelque peu pesantes.

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Quoi qu’il en soit, nous avons pris plaisir à vous lire et à suivre le quotidien de votre déménageur en herbe. Continuez à peindre ainsi le monde qui nous entoure. Vous avez réussi à rendre un quotidien monotone plein de détails et d’anecdotes touchants et piquants à la fois.

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Un chêne survit depuis 13 000 ans sur une colline de Californie

C’est l’un des êtres vivants les plus vieux de la planète, mais il ne paie pas de mine : le gland de chêne de Palmer dont l’arbuste est issu a germé il y a probablement plus de 13 000 ans sur une colline de Californie, alors que la dernière ère glaciaire touchait à sa fin. Il a survécu jusqu’à aujourd’hui aux sécheresses et aux coups de foudre, non sous la forme majestueuse qu’on prête aux arbres du genre Quercus, mais sous celle d’un modeste buisson de 28 mètres par 5, ne dépassant pas 1 mètre de haut.

S’il a retenu l’attention des chercheurs, c’est parce qu’il était le seul de son espèce dans un environnement aussi sec, et à si basse altitude (336 mètres), alors que ses pareils s’épanouissent généralement entre 900 et 1 500 mètres. Les scientifiques ont fait l’hypothèse que l’ensemble des repousses émanait d’un clone unique. Une analyse génétique a montré que c’était bien le cas. Restait à déterminer son ancienneté. Impossible d’utiliser la datation au radiocarbone : les termites avaient dévoré tout le bois mort. Mais, en évaluant sa croissance annuelle à partir de cernes de branches, les chercheurs ont estimé à au moins 13 000 ans le laps de temps qui lui a été nécessaire pour coloniser le fragment de colline où il a pris racine.

Il y a peu de chance qu’il y subsiste encore longtemps : la ville est à ses pieds et grignote les alentours. Le chêne de Jurupa (du nom de la colline) surclasse en ancienneté Prometheus, un pin Bristlecone du Nevada vieux de 5 000 ans. Mais, dans sa catégorie des arbres « clonaux », il reste un jeunot par rapport à des peupliers faux-trembles de l’Utah : couvrant 40 hectares de forêt, ils sont issus d’un même système racinaire évalué à plus de… 80 000 ans.


(May et al., « PLoS One » du 23 décembre)

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