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Archive for novembre 2009

Au réveil

11 novembre 2009 2 commentaires

Qu’en est-il de ces matinées, tandis qu’une pluie fine bat doucement les tuiles des toits, alors que dans nos draps, au réveil, nous avons développé une infinie acuité au bruit ; le doigt caressant le tissu renvoyant une image cotonneuse de neige ; le timide grincement des os au moment de se repositionner ; le son râpeux du revers de la main frottant les poils de barbe naissants ; me murmurant doucement mais clairement : « Non, tu n’es pas sourd. » ?

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Danse transitoire

Je dévale un sentier qui m’amène dans les bois et qui m’est familier depuis que j’ai emménagé à Pluguffan. Il est bien plus long que dans la réalité, je bondis dans son lacet étroit comme un cabri. Je suis en pyjama et en robe de chambre. Je ne sais pas ce que je porte aux pieds. Soudain, quelqu’un, ou plutôt une forme humaine élancée, sensiblement opaque, de teinte verte mais verte du feuillage environnant, me dépasse non loin en sens inverse. Je m’arrête, elle aussi. Je ne la distingue qu’à peine, mais elle est présente, et nous nous observons, et lors de cette observation réciproque silencieuse, ce fut comme si nous avions échangé plus que nous ne nous serions épuisés à le faire en paroles. Nous nous détournons et reprenons notre chemin au même instant.
En bas, dans l’encaissement recouvert de feuilles de châtaignier mortes, au bord du Ruisseau, m’attendent Gaëtan et Loïc ; ce dernier tient un arc avec une flèche encoché qu’il jette au loin, pensant une chasse terminée. Nous traversons le Ruisseau et remontons le relief par l’autre versant ; le sol est doux et spongieux, une mousse moelleuse a envahi le sol.
Il n’y a plus d’arbres autour de nous, seuls ceux qui délimitent le champ dans lequel nous nous situons maintenant. Le ciel possède ce bleu profond du crépuscule du soir, d’où percent quelques étoiles. La pente se fait moins raide. Devant nous, un attroupement festif s’est rassemblé aux abords de plusieurs foyers, et des musiques vaguement électroniques nous parviennent. Je m’avance dans ce qui m’a tout l’air d’une rave party improvisée. Des individus se bousillent les tympans en dansant à quelques centimètres des baffles géantes. J’ai perdu Gaëtan et Loïc, ils ne doivent pas être très loin.
Pris dans le rythme de la musique, je me mets aussi à danser. Et je bouge, et les pieds et les bras et le tronc et la tête et les jambes ; je ne fais pas attention à ce qui m’entoure, quand je danse, j’ai les yeux souvent fermés, car je communique davantage avec moi-même qu’avec autrui ; c’est un tort, car la danse est un langage, et je vois que certains me regardent danser, d’autres m’ont rejoint, plus de filles que de garçons. Je sue, toujours en robe de chambre. Je me vois souriant, illuminé par les feux éparpillés alors que la nuit noire a posé son voile, continuant à danser, si l’on peut appeler ainsi mes gesticulations. Mais cela n’a pas d’importance, car je me sens bien, dans une paix intérieure.

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