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Ne laisse personne te castrer #9

« Mais, Morgan, c’est bientôt ton anniversaire ? s’exclame Camille.
— Comme si tu l’ignorais, fit l’intéressé, ne pouvant s’empêcher de sourire.
— Oh dis, ne fais pas ton ronchon. Ça vient de me revenir. Tu feras quelque chose, pour l’occasion ?
— Mmmh, je ne sais pas encore. Il y a des chances. Mais il est fort possible que je ne puisse avoir qu’un nombre limité d’invités, et il faudra bien faire des malheureux… » fait-il en la regardant de biais.
Camille le regarde deux secondes, puis ses yeux s’agrandissent lentement.
« Tu n’oserais pas, espèce de goujat.
— Tout de suite les insultes ! » s’esclaffe Morgan, avant de plaquer une main sur sa bouche pour rire. Les deux étudiants travaillent au fond de la bibliothèque universitaire, au-delà des rayons remplis de littérature étrangère.
« Je blague, je blague. Ce serait bien vide si tu ne venais pas.
— Et comment ! Passe-moi le dico, gougnafier.
— Gougnafier ! Où tu vas pêcher ces mots ?
— Mon p’tit gars, étant donné que je suis frêle — si, si, je le suis —, il me faut défendre ma personne par des mots qui paraîtront désuets lors d’une dispute (tous les sens du terme), et qui déstabiliseront peu à peu mon adversaire. » Cela dit à grand renfort de gestes et chuchotis. « Je lis, mon ami, je lis ! » Il se regardent, puis rient de nouveau.
« Tiens ! Tu sais, la bonne femme pète-sec qui m’avait acheté des livres pendant les puces ?…
— Oui ! Quoi ? Attends, elle a osé te rappeler ?
— Même pas ! Elle n’en a pas eu le courage. C’est son mari que j’ai eu au téléphone !
— Pas possible !
« — Allô ? » fait Morgan, imitant un combiné avec ses doigts.
« — Allô bonjour, je suis Claude W. Pourrais-je parler à Morgan C., s’il vous plaît ?
« — C’est moi-même.
Camille pouffe.
« — Voilà, je vous contacte parce que ma femme vous a acheté trois livres aux puces, et dans celui intitulé Le Temps des secrets, il manque deux pages des dernières. Elle voudrait se faire rembourser… »
— Mais c’est dingue ! Quel culot !
— C’est comme ça. Mais ça ne m’a pas surpris. C’est lui qui passe cet après-midi à la maison, mais comme maman est là, elle s’occupera de tout ça. Après, je donnerai les livres à qui les veut.
— À moi, pourquoi pas. Je sais à qui je pourrais faire plaisir. »

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  1. Gauvain
    1 août 2009 à 15:16

    dis moi, y'aurait pas come une petite attirance frauduleuse entre Morgan et Camille ? Si ces deux là veulent pas se péter la rondelle, ça sent le beurre rance… ah non autant pour moi, ça sent effectivement le beurre rance, j'ai laissé le frigo ouvert. Désolé pour cette intervention qui n'en est donc pas une !

  2. Yohann
    2 août 2009 à 10:55

    Tsss… :oD

  3. Anonymous
    2 août 2009 à 16:44

    Ouais ben là au moins l'anniversaire n'est pas oublié… Mon copain avait, pour sa part, oublié le mien. :oS Joli texte gaillard ! Sandra.

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