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Intermédiaire XI

– Cette goélette me fait remettre en mémoire le poème L’Albatros de Baudelaire.
– Ça ne me dit rien.
– Baudelaire ? Tu n’as pas étudié « Les Fleurs du mal » en classe ? Fantastique recueil de poésie, doublée d’une censure, à l’époque de sa parution.
– Bien sûr que je connais Baudelaire, mais de là à connaître l’intégralité de ses œuvres…
– Eh bien L’Albatros est un classique, tu devrais le lire. Le premier quatrain décrit l’oiseau dans les airs, c’est-à-dire dans son élément ; le deuxième nous le montre sur le pont du bateau, désarçonné et malhabile ; le suivant voit l’albatros être humilié par l’équipage, tandis que dans le dernier quatrain l’auteur – le Poète – se compare au volatile.
– Et pour quelles raisons Baudelaire se comparerait-il à un albatros ?
– Ils sont tous les deux des maîtres dans leur domaine respectif, le ciel et la poésie, mais une fois à terre ou en dehors de leur milieu naturel (entre guillemets, naturel), ils se retrouvent à la merci de n’importe quel bougre d’âne. Audacieux, non ?
– Oui, sans aucun doute. Je lirai ce poème. Apprendre de nouvelles choses aide à devenir humble, j’ai tendance à le croire.
– Et je te remercie de m’avoir embarqué avec toi au Musée de la Marine, c’est réellement un endroit chargé d’Histoire, et j’adore ça !
– Je t’en prie. Oh ! Viens voir cette maquette ! C’est celle de la frégate La Muiron. Ça te tente, une petite leçon d’histoire ?
– Avec plaisir.
– Napoléon Ier a utilisé la frégate grandeur nature pour rentrer en France, après la Campagne d’Égypte, en 1799. Elle lui a porté chance car elle lui a permis d’éviter les Anglais en Méditerranée. Depuis lors, il lui a vouée un vrai culte, et quelques années plus tard il commanda la fabrication d’une maquette de La Muiron. Regarde-moi cette œuvre, d’une exécution d’une finesse…
– Mais pourquoi un tel traitement de faveur ?
– Lors de la bataille du Pont d’Arcole, Jean-Baptiste Muiron, aide de camp du général Bonaparte, s’était jeté en travers de son supérieur pour protéger son supérieur, à qui la balle était destinée. Muiron en est mort. Tu peux comprendre que La Muiron devienne spéciale aux yeux de Bonaparte.
– Oui, je vois. Napoléon… Je pense que cet homme-là, tu l’amputes de son pouvoir, il n’a plus de raison d’être.
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Catégories :Intermédiaires
  1. Gauvain
    13 septembre 2008 à 11:54

    Ah Napoléon… C’est Matthieu qui parle ou bien ?

  2. Yohann
    15 septembre 2008 à 12:27

    Pas du tout. ;o)Mais je ne parle de Napoléon qu’indirectement, non ?

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