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Archive for juillet 2008

Parfois j’ai des idées étranges. J’aimerais être en poste à Saint-Pierre-et-Miquelon. Qu’est-ce que je pourrais bien faire sur ce bout de caillou au large de Terre-Neuve ? La végétation est aussi rase qu’au sommet du Menez Hom, la population totale est moins de deux fois celle de Pleug’… Pourtant ça ressemble à s’y méprendre à la Bretagne, coupée par voie maritime, avec des bicoques aussi colorées qu’au Québec (dixit K. le Veinard Voyageur Transatlantique). C’est drôle cet isthme de sable, ça me rappelle les Glénans…

Tentante, cette destination. On doit y être tranquille ; pour lire, pour écrire, pour penser… Loin de la folie humaine quotidienne. Pourquoi ne pas y ouvrir une librairie ?

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What New York used to be – The Kills

Coma coma drama come on
Draw it scratch it say it
Say it, make it to the bottom ladder climb it drop an apple
Off the top it stop it
I don’t want to eat it
Need it, know it
Force it, feed it
Leave it, be it
Just keep it
In its box

What easy used to be
What love used to be
What drugs used to be
What TV used to be
What music used to be
What luck used to be
What art used to be
What you used to be

Coma coma drama, come on drawl your skin
Your mile longer love song
sure it tells the future
fingers crushed and
run em’ under water
Shark infested sea of secrets
In the open fire
Beat it, don’t believe it
Just leave it in its box

What easy used to be
What fun used to be
What dreaming used to be
What fame used to be
What the city used to be
What fast used to be
What low used to be
What New York used to be
What New York used to be
What New York used to be
What New York used to be
What New York used to be

Come, come, come on
Come, come, come on

Un petit bijou, cet album (Midnight Boom) des Kills.

Catégories :Paroles de chansons

31 juillet 2008 1 commentaire
Sensation

Par les soirs bleus d’été j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas ; je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud, mars 1870

C’est-y pas beau, ça ?
C’est un peu ce que j’avais ressenti l’autre jour, lors de ma randonnée, mais retranscrit dans une langue approximative, en comparaison avec celle-ci. Ce serait comme comparer l’emmental directement produit par un Suisse dans les Alpes avec la pâte jaune de Président.
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30 juillet 2008 4 commentaires

Vous savez sûrement ce que signifie le déjà-vu. Oui, mais quid du déjà-entendu, du déjà-senti, du déjà-goûté, du déjà-touché ? Ces expressions n’en valent-elles pas cette peine que je les cite ? Certains pourraient me dire : « Et l’anosognosie, c’est du poulet ? » Effectivement, ce que l’on peut désigner sous le terme de déjà-vécu. Mais j’insiste, le déjà-vu et ses acolytes ne sont pas systématiquement symptomatiques de troubles mentaux. Ils renvoient forcément à quelque chose que l’on a ressenti, autrefois.

*

Qu’est-ce que la justice ne comprendra jamais ?
L’humour.

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Le champ de blé rendait un son qui ouvrait en appétit, tout autant que cette couleur mie de pain mûrissant au soleil ; je m’approchai et cueillai un épi. On se nourrit avec ce qu’on trouve, et ces grains consommés, à défaut d’être croquant, fondaient sous la dent. « Tant pis pour le paysan ; avec la spéculation sans retenue et la montée des prix effective, un épi de plus ou de moins ne l’amènera pas à la faillite » ai-je pensé, pour apaiser ma conscience.

A proximité de la station d’épuration coule le ruisseau qui fit mes jours heureux de l’enfance. Un pont de fortune constitué de rondins et de palettes permettait une traversée les pieds au sec, et conduisait le randonneur directement dans le bois. La température descendit sensiblement, mais la sudation créée par l’effort n’allait pas cesser : le bois se situait sur un relief soutenu.

Le sentier déboucha sur une croisée des chemins : à droite, je savais où il menait ; à gauche, je l’ignorais, et il n’était certainement pas emprunté par des véhicules quelconques, car de jeunes et robustes châtaigniers croissaient sans vergogne en plein milieu. J’optais pour l’inconnu ; « Frissons garantis ! » Le vent s’amusait à secouer la canopée ; de hauts noisetiers se balançaient les feuilles agitées, offrant du sol une toile vivante de pointilliste.

La soif se fit insistante ; je me morigénai sur l’oubli fâcheux d’une bouteille d’eau. Retourner me rafraîchir au ruisseau fut une idée que j’écartai vite : de l’eau malpropre et malodorante en provenance de la station avait détrempé la terre alentour. Boire plus en amont ne m’inspirait pas non plus ; les cours d’eau en Bretagne n’étant plus hélas dignes de confiance, je préférai m’abstenir.

La sortie ensoleillée donnait sur un champ en friche et en pente, l’inclinaison orientée au sud. Le fil électrique utilisé comme clôture ne fut pas un obstacle insurmontable ; les piquets plantés droit et non selon l’angle de pente du champ abaissait de fait la hauteur du fil. Je passai également de la fraîcheur bienfaitrice des arbres à la chaleur moite des herbes transpirant la sève et la rosée.

L’endroit ne m’était pas familier ; je grimpai la colline, évitant des bouses séchées, preuves d’une activité bovine antique, jusqu’à une double rangée de fils électriques protégeant une plantation de pommes de terre. Le paysage, en me retournant, ne m’évoquai rien, non plus. Une colline me faisait face, la même parcelle, où sur ce versant des pousses éparses de fougères offraient leurs verdoyants chapiteaux.

Je m’y dirigeai, bousculant quelques insectes effarouchés. Un rapace siffla dans les airs ; levant les yeux, je l’aperçus loin devant, grand, majestueux, une buse ou un faucon ; à cette distance, l’oiseau de proie devait bien mieux m’observer que je ne pouvais le faire. Tandis que je restai à le regarder, lui s’élevait en cercles par un courant d’air ascendant.

Catégories :La Nature

28 juillet 2008 4 commentaires

J’ai pu visionner The Dark Knight, en avant-première. Habituellement les films de super héros (sauf Les Indestructibles) ne m’emballent pas vraiment, trop manichéen à mon sentiment, trop prévisible, ou trop ridicules (splendide Ghost Rider, bouse intergalactique). Le gentil gagne toujours ! Peut-être pas dans Watchmen. Le gros problème c’est que le méchant invente mille plans diaboliques, tous déjoués. Il peut intervenir sur un tiers pour ajouter à la tension, guère plus.

Le Joker de The Dark Knight est fantastique, jouissif. Il est libre, survolté. Le regretté Heath Ledger a surpassé en tout point Jack Nicholson. Rien que pour lui vous devriez courir au cinéma. Je crains cependant que le passage par la salle de doublage n’ait terni le jeu.

Autre film : Wall-E. Le studio Pixar a atteint des sommets avec ce nouveau long-métrage d’animation. Moins accessible que les précédents, plus corrosif, je vous le recommande !

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27 juillet 2008 2 commentaires

J’en connais un qui va (encore) m’accuser de plagiat, mais cela est le questionnaire de Proust, et Monsieur Proust, c’est A la recherche du temps perdu !

Le principal trait de mon caractère.
La modestie (avec quelques poussées d’orgueil, histoire de purger), ce que ne va pas arranger ce questionnaire.

La qualité que je désire chez un homme.
L’assurance. Mais se croire assuré, ce n’est pas (ou plus) se poser de questions, puisqu’on est sûr de soi. Et ne plus avoir de doutes, ce n’est pas aller de l’avant. S’interroger est avancer, et ne plus tourner en rond. Tourner en rond, c’est revenir au point de départ. Donc je retire ma première réponse. Je trouve un peu bête et réducteur de placarder tel trait de caractère à un sexe en particulier. C’est pourquoi je vais répondre : rien.

La qualité que je désire chez une femme.
La maternité. Parce qu’être enceinte, c’est à la fois une malédiction et une bénédiction. Les hommes ne comprendront jamais ce que c’est que de sentir une vie grandir en soi, et je dois avouer que c’est une émotion que j’aurais aimé connaître, émotion qui me rend envieux des femmes.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis.
Leur capacité à m’accepter et me supporter. Je n’y arrive pas moi-même.

Mon principal défaut.
Trop alambiqué, à l’intérieur.

Mon occupation préférée.
Lire, sans aucun doute. Écrire le talonne de peu.

Mon rêve de bonheur.
Le bonheur ne dure qu’un temps, et ce n’est qu’après l’avoir expérimenté qu’on se rend compte de la mesure de sa chance de l’avoir goûté. Et pour répondre à la question, je dirais la bonne santé pour tous.

Quel serait mon plus grand malheur ?
Que je disparaisse avant d’avoir pu développer l’univers que je compte proposer.

Ce que je voudrais être.
Je ne refuserais pas un petit prix Nobel de Littérature. A plus petite échelle, un écrivain reconnu, un partenaire aimant et aimé, un père aimant et aimé.

Le pays où je désirerais vivre.
La Bretagne me va comme un gant. Comment ne pas apprécier le granit radioactif, l’air iodé, la gastronomie jalousée ? Sinon, la Nouvelle-Zélande me botterait.

La couleur que je préfère.
Le bleu. Couleur universelle et intimiste, libre et moins froide qu’elle ne veut bien le montrer.

L’oiseau que je préfère.
Le merle. Le plus beau chant d’oiseau, différent à chaque fois, longévité, fidélité.

Mes auteurs favoris en prose.
Tous ceux qui sont marqués dans mon profil !

Mes poètes préférés.
Baudelaire, Nerval, Rimbaud.

Mes héros dans la fiction.
Spike Spiegel (Cowboy BeBop) ; Miyamoto Musashi ; Anthony Soprano ; Nathaniel « Nate » Samuel Fisher Junior (Six Feet Under).

Mes héroïnes favorites dans la fiction.
L’Allemande chantant à la fin des Sentiers de la gloire ; Ilsa Lund Laszlo (Casablanca) ; Marie Bolkonskaia (Guerre et Paix) ; Marjane Satrapi (Persepolis) ; Thelma et Louise.

Mes compositeurs préférés.
Bach, Beethoven, Bizet, Tchaïkovsky, Verdi.

Mes peintres favoris.
Monet, Ingres.

Mes héros dans la vie réelle.
Les médecins (tout sexe confondu, évidemment) ; Bob Dylan.

Mes héroïnes dans la vie réelle.
Toutes les femmes du monde, en particulier celles opprimées par les religions.

Mes héroïnes dans l’histoire.
Marie Curie.

Votre plat et votre boisson préféré.
Les lasagnes et l’Orangina.

Mes noms favoris.
Je n’en ai pas précisément. Je changerai quand j’en aurai quelques-uns qui me conviendront.

Ce que je déteste par-dessus tout.
Les religions et toute forme de totalitarisme.

Personnages historiques que je méprise le plus.
Tous ceux qui ont un jour ou l’autre voulu restreindre la liberté de l’Homme par un point de vue abscons et obtus ; je parle aussi bien des « prophètes » que des politiques ou des entrepreneurs sans états d’âme.

Le fait militaire que j’admire le plus.
La campagne d’Alexandre le Grand dans l’empire perse. Sinon la guerre, je n’aime pas trop.

La réforme que j’estime le plus.
Celles de Jules Ferry au début des années 1880, afin de rendre l’éducation laïque, obligatoire et gratuite pour tous.

Le don de la nature que je voudrais avoir.
Voir la nuit, ce serait sympa.

Comment j’aimerais mourir.
Dans un fou rire, ou dans mon sommeil.

État présent de mon esprit.
Dans le brouillard, à rester écrire sur papier et ordinateur.

Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence.
Les fautes d’apprentissage.

Ma devise.
Je n’en ai pas réellement. Prendre la vie comme elle vient, peut-être.

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