– Un rêve bizarre… Je n’arrive pas à le décoder, à en extraire le message.
– Racontez-le-moi, tout d’abord. Que je sache ce qu’il contient.
– Eh bien… Ça se passe en Antarctique. Comment je le sais, comment je peux différencier le pôle Nord et le pôle Sud, je n’en ai aucune idée, mais il n’y a aucun doute en moi, ça se passe en Antarctique. C’est l’été, aussi ; le ciel est bleu, très clair, il y a juste des nuages sur l’horizon, très loin ; le soleil éclaire tout ; la neige est omniprésente ; je sens qu’il fait très froid. Et dans le rêve, j’ai peur du froid. Quand on voyage là-bas, c’est quelque chose à prendre en compte, bien sûr, mais… j’ai peur du froid. Et plus je monte, plus j’ai peur du froid.
– Où montez-vous ?
– Oui, je ne l’ai pas encore dit. Je grimpe une montagne de l’Antarctique ; plus précisément, un volcan. Je sais que c’est un volcan parce que je le sens qui gronde et bouillonne en moi. C’est assez… étourdissant comme sensation, bien qu’elle ne vainc pas cette peur, qui me taraude sans cesse… Et je grimpe, et je marche, et j’avance dans cette neige que si peu d’hommes ont vu, ont même foulé… Parfois j’aperçois un escarpement de roche noire sur ma droite, qui tranche le blanc de la neige. C’est presque un point de repère, là-haut. Quand je regarde derrière moi, je vois l’étendue de neige, infinie ; on a l’impression qu’elle nargue et menace, en ricanant : « Pas de ticket de retour ! » Alors on n’arrête plus de marcher.
– Y a-t-il quelqu’un, à vos côtés ?
– Non, je suis seul. Pourtant… Pourtant, je sens une présence… Je ne sais pas qui, je ne sais pas quoi, mais elle est là ; elle me couve ; on peut dire que… qu’elle me rassure. Mais elle n’arrive pas à calmer l’oppression dans mon cœur. Peut-être parce qu’elle ne se situe pas exactement sur le même plan, vous voyez ce que je veux dire ?… La présence est tout autour de moi, elle interagit avec moi, mais n’a pas franchement d’effet sur ma peur, ma peur du froid. Comme si j’avais dissocié une partie de moi-même… Et… j’arrive, enfin, au sommet de la montagne, qui à l’intérieur est un volcan, et j’ai une vue inouïe sur l’Antarctique, à vous faire pleurer, et je pleure d’ailleurs dans le rêve, une vue à vous damner… Tout est blanc… Blanc… Si blanc, si immense… Je n’ai pas dit stérile, ce n’est pas un blanc stérilisateur, au contraire : c’est un blanc si empli de promesses… C’est peut-être pour ça que je pleure, c’est peut-être pour ça que j’ai peur. Sur ma gauche, il y a cette chaîne de montagnes qui se confond, loin, loin. Le soleil est en face de moi, assez bas sur l’horizon légèrement incurvé. Je sais qu’il ne se couchera pas. Je ne sais pas si c’est à cause du froid ou de la peur, mais je grelotte, et plus le temps passe à rester immobile au sommet, plus je tremble.
– Et qu’y a-t-il sur votre droite ?
– Je l’ignore.

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Catégories :Rêves
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