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Archive for juin 2008

– Un rêve bizarre… Je n’arrive pas à le décoder, à en extraire le message.
– Racontez-le-moi, tout d’abord. Que je sache ce qu’il contient.
– Eh bien… Ça se passe en Antarctique. Comment je le sais, comment je peux différencier le pôle Nord et le pôle Sud, je n’en ai aucune idée, mais il n’y a aucun doute en moi, ça se passe en Antarctique. C’est l’été, aussi ; le ciel est bleu, très clair, il y a juste des nuages sur l’horizon, très loin ; le soleil éclaire tout ; la neige est omniprésente ; je sens qu’il fait très froid. Et dans le rêve, j’ai peur du froid. Quand on voyage là-bas, c’est quelque chose à prendre en compte, bien sûr, mais… j’ai peur du froid. Et plus je monte, plus j’ai peur du froid.
– Où montez-vous ?
– Oui, je ne l’ai pas encore dit. Je grimpe une montagne de l’Antarctique ; plus précisément, un volcan. Je sais que c’est un volcan parce que je le sens qui gronde et bouillonne en moi. C’est assez… étourdissant comme sensation, bien qu’elle ne vainc pas cette peur, qui me taraude sans cesse… Et je grimpe, et je marche, et j’avance dans cette neige que si peu d’hommes ont vu, ont même foulé… Parfois j’aperçois un escarpement de roche noire sur ma droite, qui tranche le blanc de la neige. C’est presque un point de repère, là-haut. Quand je regarde derrière moi, je vois l’étendue de neige, infinie ; on a l’impression qu’elle nargue et menace, en ricanant : « Pas de ticket de retour ! » Alors on n’arrête plus de marcher.
– Y a-t-il quelqu’un, à vos côtés ?
– Non, je suis seul. Pourtant… Pourtant, je sens une présence… Je ne sais pas qui, je ne sais pas quoi, mais elle est là ; elle me couve ; on peut dire que… qu’elle me rassure. Mais elle n’arrive pas à calmer l’oppression dans mon cœur. Peut-être parce qu’elle ne se situe pas exactement sur le même plan, vous voyez ce que je veux dire ?… La présence est tout autour de moi, elle interagit avec moi, mais n’a pas franchement d’effet sur ma peur, ma peur du froid. Comme si j’avais dissocié une partie de moi-même… Et… j’arrive, enfin, au sommet de la montagne, qui à l’intérieur est un volcan, et j’ai une vue inouïe sur l’Antarctique, à vous faire pleurer, et je pleure d’ailleurs dans le rêve, une vue à vous damner… Tout est blanc… Blanc… Si blanc, si immense… Je n’ai pas dit stérile, ce n’est pas un blanc stérilisateur, au contraire : c’est un blanc si empli de promesses… C’est peut-être pour ça que je pleure, c’est peut-être pour ça que j’ai peur. Sur ma gauche, il y a cette chaîne de montagnes qui se confond, loin, loin. Le soleil est en face de moi, assez bas sur l’horizon légèrement incurvé. Je sais qu’il ne se couchera pas. Je ne sais pas si c’est à cause du froid ou de la peur, mais je grelotte, et plus le temps passe à rester immobile au sommet, plus je tremble.
– Et qu’y a-t-il sur votre droite ?
– Je l’ignore.

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Catégories :Rêves

Une aventure de la Grumch et Daisy #4

Comme tous les soirs, la Grumch* parade avec Daisy, son sac en peau de chien ambulant mi-griffon mi-popcorn (test ADN en cours).

Aujourd’hui, la toilette.
La sonnerie de la porte d’entrée tinte. Jordan** se lève quand une seconde fois, la sonnerie retentit.
« Il n’y a qu’une seule personne qui ose le faire, et c’est… »
Un chien tondu, retenu en laisse, bondit sur lui tandis qu’il embrasse sa Grumch. Devant l’étonnement de la transformation du tapis de bain en animal, elle se lance dans le détail de la coupe.
« Ouiii ! Elle est passée chez la coiffeuse ! Alors elle lui a trouvée deux puces, mais avant d’y aller j’avais regardé et trouvé qu’une seule, et morte. Son collier anti-nuisibles est très efficace ! »
La confusion s’installe lorsqu’elle essaie de faire localiser la boutique de toilettage.
« J’ai une amie qui m’a demandé si j’étais restée près d’elle. J’lui ai dit que non. Mais tu sais pourquoi [elle m’a demandé ça] ? Parce qu’il y a certains toiletteurs qui piquent les chiens pour qu’ils restent plus tranquilles… Alors j’ai regardé dans le cou et j’ai trouvé une trace rouge, mais ça doit être le collier… »
Jordan lui fait remarquer qu’une tique s’évade discrètement de l’arrière du chien, allongé sur le carrelage. Aussitôt, un talon s’abat sur l’insecte, qui résiste malgré les assauts. Collée à la chaussure après vérification, c’est probablement la tique qui, depuis, rumine dans le vide.

* surnom peut-être dû à une onomatopée
** prénom d’emprunt

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Une aventure de la Grumch et Daisy #3

28 juin 2008 1 commentaire

Comme tous les soirs, la Grumch* traîne Daisy, son canidé mi-griffon mi-cochon grillé (allez savoir).

Aujourd’hui, la grosse commission.
Son petit-fils Yann**, de visite chez son aïeule bien-aimée pour un pillage livresque, se fait raccompagner à l’occasion d’un détour opportuniste de promenade. Certains sacrifices doivent être exécutés sans lâcher un cri.
« Oh oui, ma belle, hein ! On est pressée ? »
La bestiole tire comme une brute sur la laisse, et renifle à tout va.
Le supplice se prolonge, l’école publique est néanmoins en vue, dernière étape avant délestage.
Sans couiner gare, la chienne prend une pose pour le moins univoque.
« Vas-y mignonne, on t’attend. »
Ce moment pénible passé, la Grumch sort un petit sac.
« J’en ai toujours un sur moi. Y en a pas beaucoup qui font pareil que moi, ici. C’est lamentable. »
La fraîche emballée, elle se dirige vers la grande poubelle de la cantine de l’école ; l’ouvre. Un bruit mât s’en élève lorsque la chute est effective.
Devant les vertes saillies de son descendant, elle fait tout de même profil bas. Et c’est pourquoi, depuis, elle rumine dans le vide.

* non, ce n’est pas breton
** prénom d’emprunt

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Mais si, l’esclavage a été aboli !

27 juin 2008 4 commentaires

Le Canard enchaîné, édition du 25 juin 2008
Tous droits réservés.
B. Th.

Enfin une bonne nouvelle. Notre Occident chrétien s’est conduit au cours des siècles comme un ramassis de salopards. Mais les autres n’ont pas fait mieux. Prenez l’esclavage. Certes, nous avons à notre actif dans les 12 millions de têtes de bétail humain déportées vers les Caraïbes et l’Amérique. Mais les Arabes, du VIIe siècle au XXe, peuvent compter de 15 à 17 millions de victimes arrachées, elles aussi, à la Guinée, au Congo, à l’Angola. Des pays increvables. Et ils ne s’en vantent pas. Au Caire existait même depuis le Moyen Âge un syndicat des négriers, chargé de planifier les commandes des États musulmans : car le Coran n’encourage pas l’esclavage. Mais il l’autorise. Et même il légifère sur sa pratique. A condition qu’il s’agisse de non-musulmans. Des roumis, par exemple. Les spécialistes en ont recensé un bon million au fil des temps. Il convient de rajouter encore le trafic « interne », Noirs contre Noirs : environ 14 millions d’êtres.

Voilà ce que nous rappelle, sur Arte, le film d’Antoine Vitkine, « Esclaves oubliés », ce mardi 24, au cours d’une passionnante « Thema » consacrée aux « Tabous de l’esclavage ».

Entre les razzias opérées par les nomades au sud du Sahara qui ramenèrent 7 millions d’individus vers le Nord et le fructueux va-et-vient à travers la mer Rouge en direction du Caire, de Bagdad, de La Mecque, d’Istanbul, dont Zanzibar demeure le plus fastueux témoin, le bois d’ébène resta pendant des siècles la plus rentable industrie d’Afrique. Pertes : de 20 à 80 %. Si bien que, des négriers nantais au sultan de Zanzibar qui employait 100 000 esclaves dans ses seules plantations de clous de girofle, il n’y a pas les méchants d’un côté, les bons de l’autre : tout le monde a fait du business. A cette différence près, remarque Tidiane N’Diaye, économiste à l’Insee, que, maintenant, « on s’entend bien avec les Arabes. Alors, on préfère ne pas rouvrir avec eux des pages douloureuses. »

Second document, dû à Sophie Jeaneau et Anna Kwak. Il nous montre, dans la Mauritanie d’aujourd’hui, l’ambiguïté qui demeure gravée au cœur des anciennes victimes. A Nouakchott, le gouvernement a fait voter des lois contre l’esclavage : par prudence, dirait-on, puisque l’esclavage a été aboli trois fois dans ce pays musulman : en 1905, du temps des Français, en 1960, lors de l’indépendance, en 1980 par le pouvoir militaire. Le crime est, en principe, passible des travaux forcés. Mais dans la brousse, sitôt sorti de la capitale, on plonge dans un autre siècle. Tout ce qui naît avec une peau claire descend des Maures razzieurs d’autrefois et fait partie des maîtres. Ceux qui ont une peau foncée sont esclaves. Mektoub, c’est ainsi. Et nous embarquons dans un pick-up avec un membre de la commission nationale des Droits de l’homme, une militante de SOS-Esclaves et Bilal, un esclave évadé qui veut délivrer sa sœur, retenue sous une tente par un maître qui lui a fait deux enfants, sans même subvenir à leurs besoins.

Nous voilà pris au piège de la réalité. Comment les préfets de région appliquent la loi à reculons. Comment le gendarme se retrouve déchiré entre le poids des traditions et son sens du devoir. Comment la sœur elle-même, Habbi, qu’ils finissent par retrouver, se débat, en pleine crise d’hystérie, jure qu’elle n’est l’esclave que de Dieu, refuse d’abord de se laisser emmener, dans ce qu’elle prend pour un enlèvement, vers une autre vie dont elle ignore tout et qui lui fait peur…
C’est escarpé, ardu, difficile, le chemin vers la démocratie…

26 juin 2008 10 commentaires

Nous sommes aujourd’hui le 26 juin.
En 1892, naissait Pearl Buck.
En 1913, naissait Aimé Césaire.
En 1945, cinquante pays signaient la charte de ce qui allait constituer les Nations Unies.
En 1949, les femmes pouvaient voter en Belgique.
En 1960, l’île de Madagascar déclarait son indépendance.

Ça, c’était pour les « bonnes dates », dirons-nous.
La suite, c’est un peu plus triste.

En 1957, naissait Véronique Genest.
En 1966, naissait Dany Boon.
En 1972, naissait Garou.
En 1984, mourait Michel Foucault.
En 1985, naissait Sinik.
En 1987, naissait Samir Nasri.

Le 26 juin, c’est également :
– la journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture ;
– la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogue.

Révoltons-nous, effaçons quelques 26-juin de notre mémoire.

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25 juin 2008 2 commentaires

Voilà, ça y est, c’est parti.
On a dépassé le solstice d’été, la durée du jour diminue, les filles ne sont plus en jupe, il fait déjà nuit à 18 h, je tombe en dépression, je prends du Prozac, le 11-Novembre, la période de Naouël et son délire de consommation…
Mais ? Que vois-je ? Le solstice d’hiver ? Espoir !

‘Comprenez pourquoi je préfère le printemps, bande de jojos ?

Catégories :La Nature

Hier, a commencé une campagne de propagande.
Pas moins de 1 630 spots publicitaires vantant les mérites des mesures gouvernementales sur le pouvoir d’achat, déclinés en bandeaux sur des sites internet, des quotidiens régionaux et nationaux, sans compter les réclames télévisuelles. Et ce, pendant trois semaines. La radio a été épargnée, pour raisons budgétaires (sic).
Tiens, parlons-en, du budget : 4,3 millions d’€. Je vous laisse deviner qui règlera l’ardoise.

Et soudain, des sous apparurent pour cette opération flagrante de communication !

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