De nouvelles pérégrinations dans le monde sauvage et sans pitié de l’usine.

Petit-Pow : « Hé, quand même, elle est pas mal Ségolène Royal, hein ? »
Rire général. Le pauvre Petit-Pow se défend comme il peut.
Le lendemain, sur le site du Nouvel Observateur, je tombe par hasard sur une brève : le top 100 FHM des femmes les plus belles du monde. Sixième position : devinez…

Raymond me cause (il faut dire qu’il a l’habitude de vous parler de tout et n’importe quoi aux moments auxquels on s’attend le moins) :
« Moi chus riche hein, j’ai la maison de mes parents qui vaut deux cents patates, deux millions quoi. »
Je le regarde sans comprendre. Il prend ça comme une invitation à poursuivre.
« Oahoa. Et pis la mienne vaut 90 patates, neuf cent mille ! »
« En effet, tu es plutôt riche ! »
« Oahoa, mais ça faut pas l’dire hein ! Hé ho. » Il rajoute ceci, en me fixant de ses grands yeux éberlués : « Manque plus qu’la bague au doigt. » Il mime le geste en secouant de la tête, avec un sourire presque gêné.
Je me fais curé s’il trouve une femme avant la fin de mon contrat.

Jacky : « Hé, Petit-Pow [NdY : je change les noms exprès], t’as pas regardé le satellite hier soir ? »
P-P : « Bah si, tu sais bien, Planète Choc ! Rah la vache, c’est dingue comme chaîne ça ! C’est ma chaîne préféré. »
Jacky : « Nan mais t’as vu le film de cul ? Ah c’était nul, on voyait pas le bas et à peine les nichons. C’était nul. Un film sur les bonnes sœurs que c’était. Je sais pas ce qu’elles avaient de bonnes, parce qu’on ne pouvait rien reluquer ! »
P-P : « Mais t’as pas Canal + ? »
J : « Bah non… »
P-P : « Regardes-y le film de cul, tu vas être servi ! »
Un sacré rentre-dedans, celui-là…

Hier matin. Raymond arrive en voiture. En général, j’arrive la même minute que lui, et je le regarde en souriant. Il met cinq secondes (sans exagérer) à me reconnaître, avant de secouer de la tête, la figure transie de joie.
« Comment qu’c’est ton prénom, déjà ? Errr-Ouanne ? »
« Non, moi c’est Yohann. »
« Ah oui, J’me rappelle jamais ton prénom… »
Petit rire. « Ce n’est pas grave, Raymond. »
Quelques instants plus tard, dans le couloir des vestiaires :
« Ah, aujourd’hui j’ai pris la Saxow de ma mèare. Ma voiture qu’est en panne, tu vois. »
« C’est triste, ça. » Je ne savais pas trop quoi répondre.
Plus tard, après la pause, en plein démoulage des plaques bleues (travail très dur) :
« J’ai pris la voiture de ma mèare. Une Saxow que c’est. »
« Ah oui. C’est une ZX que tu as autrement, non ? »
« Nan ! Une Xsara. »
Hochement de tête.
« C’est la courroie de transmission. Elle est au garage, là. J’la récupère demain. Fallait pas tomber en panne avec, quoi. »
« C’est sûr que c’est plus grave qu’une panne d’essence. »
« Oahoa. »
Fin de journée, dans le couloir des vestiaires :
« Ah, demain j’récupère ma voiture. »
C’est ce qu’on appelle une idée fixe.

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Catégories :L'usine
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