Quatrième (et dernière) partie : de samedi à dimanche

Le concert est terminé.
Ce qui nous avait amené ici, la raison de notre venue à l’autre bout de la France par rapport à notre chez nous, était terminé. L’heure du retour avait sonné.
A vrai dire, après ce que j’ai vécu, je n’étais pas malheureux de rentrer. Je n’étais pas mécontent de mon séjour (je ne vais pas me plaindre non plus !), mais les contrées chaudes ne me sont pas hospitalières.
A 11 heures nous avions tout emballé, tout réglé, prêt à rouler. Nous ne savions pas forcément où nous allions nous arrêter pour dormir. Quoi qu’il en soit, pour aller plus vite, nous avons emprunté des portions d’autoroute. Et, branchés sur la radio Info route, nous avons su qu’il y a avait une quarantaine de kilomètres de bouchons jusqu’à Aix-en-Provence… Ni une ni deux, on sort sur la N7 pour tomber sur… un bouchon. J’étais au volant, et je faisais mon possible pour éviter que le soleil ne touche davantage mes rougeurs au nez, au visage et aux avants-bras, situation très inconfortable. Nous prenons l’itinéraire Bis direction Grenoble, après un temps de réflexion sur la carte. Nous faisons une pause salvatrice où je dis à Matt que je ne pouvais plus continuer à me cacher du soleil tout en conduisant (de toute manière, ça faisait plus de deux heures que je conduisais). Celui-ci avait remarqué mon mal-être…
Quitte à transpirer comme une fontaine, je m’habillai d’une chemise dissimulant mes bras, tandis que nous échangions nos places. La halte suivante nous permit de nous restaurer, même si en route ça n’empêchait pas le grand dadet de jongler entre les madeleines et le volant. Gael nous avait appelé pour avoir de nos nouvelles. Nous nous sentions de taille à faire Nice-Poitiers d’une traite, et nous le lui annonçons.
L’astre diurne s’étant égaré derrière l’horizon occidentale, je reprends le volant. Il faisait encore jour, et nous n’étions qu’à une quinzaine de kilomètres du Puy-en-Velay. Matthieu venait juste de recevoir un coup de fil de sa môman. Voulant soudain cracher, il ouvrit la fenêtre (en prenant soin de retirer ses appareils auditifs) et lâcha son mollard, mais dans le geste quelque chose d’autre suivit le glaviot.
« J’ai perdu mes lunettes » fit-il d’un ton égal. Matthieu, le roi de la boulette.
Je fais demi-tour, et revenons sur les lieux supposés du crash. La lumière décroissait de minute en minute. Après une recherche infructueuse en amont et en aval, Matt vient me chercher en voiture, ses lunettes de soleil de vision sur le nez ! On tente un dernier passage : la voiture au ralenti, les warning et les phares allumés, moi passant une partie du corps par la fenêtre pour tenter d’apercevoir un reflet de verre dans le fossé, et Matthieu conduisant en lunettes de soleil à la nuit tombante.
Le comble, c’est qu’après une brève hésitation, Matt stoppe le véhicule, en sort, se baisse devant le capot et se lève avec un sourire et… ses lunettes. Pas une torsion, pas une éraflure. Une chance de cocu, en somme. Lui se voyait annoncer à ses parents qu’il avait égaré ses lunettes en plein Massif Central parce qu’il avait craché par la fenêtre, et moi je me voyais conduire jusqu’à Poitiers sans relais…
Autre phénomène que je souhaitais relater ici : j’avais traversé une ville de Clermont-Ferrand déserte, direction Limoges. La route se révélait être un véritable circuit du WRC, des lacets dangereux, des virages traîtres… Tout à coup, à 23h31 exactement, une énorme étoile filante traverse le ciel droit devant nous. Elle s’est désagrégée pendant ce qu’il m’a semblé être une éternité, alors qu’en réalité trois bonnes secondes suffirent à consumer l’objet céleste. Voir ça m’a stupéfié, je ne saurais en invoquer la raison. Non pas que je n’en aie pas vu auparavant, mais une aussi longue, aussi puissante (oserais-je dire), jamais.

Aux alentours d’Aubusson, nous changions de conducteur une dernière fois. Je ne résistais pas une demi-heure face à la fatigue. Durant ce laps de temps, Matt n’éteignit pas moins de deux fois les phares, par inadvertance ! Surestimation un peu présomptueuse vis-à-vis de notre endurance…
A 3 heures du matin nous arrivions dans la banlieue de Poitiers. Camille et Manu nous avaient laissé la maison. Je m’écroulais dans le canapé-lit. 16 heures de trajet d’une traite…
Je me réveillais assez tôt le matin pour jeter un œil sur les résultats du football à la télé.
Vers 14 heures nous entamions la dernière ligne droite vers la Bretagne. Tout se passa sans encombres (mis à part pour sortir de Poitiers).
Puis, à 20 heures, j’étais chez moi.
« Eh bien, me voilà de retour. »

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