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Archive for août 2005

Troisième partie : vendredi, jour du concert

L’attente se termine bientôt. Ce soir, je verrais U2.
C’est tellement inimaginable. Je ne ferme les yeux que par intermittence pendant la nuit. Je me réveille à 6h30 avec un creux dans le ventre. J’ai beau tenter de me rendormir, des flashs de concert live vu en vidéo (grâce au DVD offert par Matt) défilent dans ma tête.
A 8 heures je n’en peux plus, je sors du tepee pour prendre une douche. Le vide est difficile à obtenir sous le jet d’eau, et une fois éteint, l’émotion m’assaille à nouveau. De retour au camp Apache, Matt s’est levé. Je ne grignote que quelques morceaux, j’ai l’estomac en veille.
Nous devions rendre une dernière visite aux A., ceux-ci s’en allant ce matin. J’eus la surprise de savoir qu’ils viendraient en Bretagne à la Toussaint, et qu’ils nous feraient l’honneur d’une visite… Pour la première fois de ma vie, je regrettais d’avoir donné mon numéro de portable. Ils ne sont pas méchants, juste inexistant.
On décide de s’arrêter au Leader Price pour prendre quelques victuailles, surtout à la demande de ce gouffre insatiable qu’est Matt. On redescend de la Grande Corniche, et ce n’est qu’arrivés en bas au feu tricolore qu’on se rend compte que l’on n’a pas emprunté notre trajet habituel, que l’on a manqué une route à gauche plus haut. Matt me demande ce qu’on fait… J’évite difficilement d’exploser et lui dit un peu sèchement que je n’en sais rien. Fallait bien qu’une c*uille pareille arrive maintenant, bord** de mer** !!
Après de multiples dérivations en ville (il voulait absolument de ses gâteaux !…), on tombe sur un Carrefour. Matt me délègue le rôle de coursier pendant qu’il gare la voiture. Un brin énervé (NB : je tempère mes humeurs. Là, il va sans dire que j’étais furieux !), je galère pour trouver l’entrée puis le magasin. Une fois à l’intérieur, lui aussi en travaux (des travaux en plein été…), je suis obligé de demander à une employée où se situe l’eau : complètement au fond, dissimulée derrière les travaux…
Une fois à la caisse, un anglais met cinq minutes à comprendre que le fer à repasser qu’il vient de prendre n’est pas vendable puisqu’il s’agissait du modèle exposé sur l’étalage… La vieille devant moi dépose 20 articles (j’ai compté) alors que c’est une caisse pour 10 articles maximum. Je m’apprête à lui écraser la gueule contre le tapis roulant quand Matthieu m’appelle pour savoir où j’en suis…
Je sors les bras chargés, Matt est là avec la voiture. On se met en route. Je suis obligé de montrer le chemin à Matt effectué en repérage hier matin, quand même, parce qu’il l’a oublié. A croire qu’il ne se rappelle que de l’autoroute ! Un ralentissement sur la quatre-voies nous fait craindre le pire, mais c’est une fausse alerte. On arrive peu avant 11 heures au premier parking. L’ouverture officielle est programmée à 14 heures, on nous laisse pourtant entrer ! Une vingtaine de voitures y est déjà garée.
Matt traîne un peu en route (envie pressante), je lui dis que je ne l’attends pas. Je marche seul jusque la devanture bombée du Palais Nikaïa. Après interrogation de Matt, l’entrée pour la pelouse se fait derrière. On s’y rend, et là on contemple la foule. A 11h30, le parterre devant les portails est bondé de monde. L’attente commence.
On a changé de place entre-temps, on s’est posté près de l’entrée des véhicules. Les mecs de la sécurité sont excédés par le nombre de personnes qui veulent passer les barrières de sécurité. Visiblement, ils n’avaient pas prévu autant de monde devant les grilles (ils s’attendaient à quoi avec 53.000 personnes !?).
Vers 13h30, un mouvement de foules nous permet de nous rapprocher considérablement des grilles. A partir de là, on se fera régulièrement arroser par les pompiers. En effet, j’ai oublié de mentionner la terrible chaleur qui nous écrase. Le soleil tape fort, et il le fera jusqu’à ce qu’il s’en aille loin à l’Ouest.
Soudain, on entend les répétitions de certains membres du groupe. D’abord la batterie, puis je reconnais la basse de With or Without You. Je n’en crois pas mes oreilles. C’est là que je commence à réaliser ce à quoi je vais assister. La guitare sonne tout à coup, on reconnaît New Year’s Day, I Still Haven’t Found What I’m Looking For, Elevation, City of Blinding Lights, une nouvelle fois With or Without You… On est soudain interrompu par une douche froide de pompiers décidés à casser ma rêverie. Je fais attention aux billets dans ma poche.
La douche terminée, d’autres riffs s’élèvent. Certains sont applaudis, en particulier quand au même instant que la foule je reconnais Where The Streets Have No Name. Ça me semblait tellement surréaliste. Une deuxième répé de City of… est particulièrement longue. Je chante doucement, en chœur avec une partie (principalement des filles) de la foule. L’émotion est palpable.
Quelques douches plus tard (ça commençait à m’agacer sérieusement d’être trempé en continu, et je n’étais pas le seul), des bruits de barrières que l’on déplace réveillent la foule. Puis la grille la plus à droite s’ouvre, les gens s’engouffrent en s’entassant comme des cinglés. Puis la seconde grille s’ouvre un moment après. Apparemment ils n’avaient qu’une seule clé pour la demi-douzaine de grilles… Paye ton organisation. On attend que la nôtre s’ouvre et c’est la bousculade avec un grand B. Je file son ticket à Matt avant de le perdre de vue, je m’empare du mien qu’un bénévole (dépassé par l’affluence) en détache le coupon. Un mec de la sécurité regarde deux-trois secondes dans mon sac, je lui affirme qu’il n’y a que de la flotte. Il me laisse passer. « Ah ! Et sinon j’ai deux grenades à plâtre dans les poches latérales ! » J’aurais pu faire entrer n’importe quoi.
Au loin des gens courent comme des dératés ; je les imite, sachant que je suis dans les premiers. Je dépasse du monde comme du monde me dépasse. C’est le cas de Matthieu, qui était derrière moi dans la queue, qui, reconnaissant mon bob noir, carbure pour revenir à ma hauteur (pas difficile avec ses enjambées de vingt mètres 😉 ) puis il passe devant moi. On entre sur le terrain, on se rue vers la scène (à ce moment je n’y crois pas) pour accrocher une place toute proche. Je m’arrête tout près de la branche scénique de droite (tous les abords sont pris), quand Matt m’interpelle : « Hé, Yo !! On peut aller à l’intérieur !! Entre les deux !! » Je vérifie et je le suis à toute vitesse, et on se place entre ! Je n’en revenais pas ! Aux Zétazunis, je me souviens qu’il était question d’un tirage au sort pour désigner les petites centaines de veinards à venir dans la petite enceinte, et nous deux y sommes presque comme des opportunistes !
Pour une attente aussi éprouvante, ce fut un moindre mal.
Mais nous nous étions postés vers 16 heures (une demi-heure avant l’horaire prévue d’ouverture)… Le concert ne commençait qu’à 19 heures. J’entrais alors dans une sorte de léthargie, évitant du mieux possible d’aggraver les coups de soleil (Matt confirmait que ma truffe se changeait en nez de clown), m’asseyant à terre en plaçant mon sac lourdement chargé pour me protéger la nuque et le dos, changeant de temps à autre la position des jambes pour réguler la pression sanguine, fixant le parterre ou le string de ma voisine assise devant moi (même ça ne m’a pas fait émerger !). Le soleil m’a torturé comme jamais je n’avais eu à le subir.
Une quarantaine de minutes avant le début, je me réveillais, me levais (le dos passablement meurtri), constatais que Matt s’était une deuxième fois absenté pour un besoin naturel depuis que l’on s’était positionné (je lui prendrais un pot de chambre pour ses 21 ans), et faisais un sort aux Petit Ecolier, qui, avouons-le, avaient davantage morflé du soleil que votre narrateur. Je prenais le temps de regarder la large et profonde scène, prolongée par ces deux espèces d’antennes, aux couleurs rouge et noir du dernier album. Comme je pus le noter plus tard, les trois groupes qui allaient se succéder avaient déjà installé la totalité de leurs instruments.
Suivant tout ça, 19h00 arriva, et The Zutons ne tardèrent pas à apparaître.
Un groupe de cinq personnes : un chanteur-guitariste, un second guitariste, un bassiste, un batteur et… une charmante saxophoniste qui me rappela Jennifer Aniston en brune et une opulence pulmonaire amoindrie. C’est de loin la personne qui attira le plus de suffrages et d’attention et lors d’une pause où celle-ci demanda « Ça va Nice ? », un énergumène éructa un « T’es bonne ! » causant une jubilation à tendance masculine. En général les chansons interprétées me furent sympathiques, un peu bœuf parfois (à mettre en cause la basse trop prononcée). Le chanteur admettra même n’avoir jamais joué devant autant de monde (dit-il en anglais).
Vers 19h45, The Zutons quittèrent la sène. Apparurent les démonteurs, se faisant applaudir d’une partie du public (qu’ils saluèrent en retour).
Moins d’une demi-heure plus tard, le groupe Keane fit son apparition, sous de forts applaudissements. Trois hommes : un chanteur, un pianiste et un batteur. Deux-trois chansons me parlèrent, le reste, j’imagine qu’il valait mieux se procurer l’album pour les connaître. Néanmoins ce fut plaisant à écouter. A un certain moment le chanteur demanda (en anglais) qu’est-ce qu’on ferait comme bruit si U2 était sur scène maintenant : un bon gros vacarme s’éleva, mais comme je l’entendis près de moi : « Je crois qu’il devrait écouter quand U2 rentrera vraiment sur scène, là il comprendra… ». Je ne pus réprimer un sourire car c’est également ce que je pensais.
Vers 21h00, Keane sortit sous des applaudissements bien nourris. A cet instant je fermais les yeux car un frisson me parcourait des pieds à la tête. Désormais, il n’y avait plus d’obstacles entre moi et ce que j’attendais depuis si longtemps. Les démonteurs revinrent, firent leur travail. Des bonhommes réglèrent les guitares, la batterie et les micros, pour la dernière fois. Les minutes se transformaient en années. Pour me distraire, je sautai pour évaluer le peuple derrière moi, et me rendais compte de ma chance d’être aussi proche de la scène, une situation tout à fait inespérée. Une chanson du dernier album de The Cure fit réagir le public. Quelques années plus tard, résonna une autre musique qui provoqua une réaction incroyable chez le public. Je ne le sus que quelques jours après, mais il s’agissait de la musique qui annonçait l’approche imminente… La nuit était tombée, remarquai-je vers 21h45.

C’est alors que quatre personnes apparurent sur scène, et que ma journée (sinon plus) bascula.

« Ils sont humains ! » fut ma première pensée. A une vingtaine de mètres face à moi se tenaient Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen Jr. Un formidable cri de joie remonta de mon ventre, tout comme des dizaines de milliers de personnes, et je ne pouvais détacher mes yeux des quatre individus. Je laissai éclater mes émotions retenues depuis un certain temps, m’abandonnant quelques instants à moi-même, oubliant le reste. La clameur était phénoménale. Bono articula quelque chose tandis que The Edge et Adam empoignaient une guitare et Larry se posait devant sa batterie. Puis les résonances familières de Vertigo retentirent puissamment des dizaines de baffles. J’allais ENFIN (le mot est faible) être confronté à une performance Live de U2.
« Unos, dos, tres, qatorce !!! »
Vertigo était une folie à elle toute seule. Tout ce que je voyais autour de moi n’était que bras, têtes en l’air, flashs de lumière. Bono chantait, et je chantais. Ce bonhomme est un comédien dans l’âme. La façon dont il haranguait les foules à chanter avec lui est incroyable. J’oubliais ce que j’avais vécu auparavant, je me plongeais entièrement dans la musique. Lors du solo de The Edge (que je voyais tout sourire), tout le monde sautait. « Your love is teaching me… » Quel pied !!
« Yeah Yeah Yeah Yeah !!…»
A la fin de celle-ci, Bono regardait la foule avec un rictus provocateur aux lèvres… Il était si loin et si proche !… Le seul que j’avais du mal à voir Larry, le batteur, caché derrière son attirail musical.
Pas de pause, on enchaîne avec I Will Follow. Les lumières explosent, mes oreilles savourent, je saute partout, ivre de bonheur. C’est réellement à partir de la seconde chanson que j’ai été submergé par le plaisir, ce qui n’allait pas s’arrêter de sitôt. J’étais sur un nuage…
« Your eyes… »
Enorme ovation. Bono s’arrêtait un instant pour dire : « Nice… des gens sexy ! » Je riais et applaudissais de tout cœur. Des notes peu connues résonnèrent, puis The Electric Co. débuta, une des plus anciennes chansons du groupe.
Vint ensuite Elevation, où je bougeais et chantais en même temps (ce que j’ai fait pendant presque tout le concert, sauf sur celles qui en s’y prêtaient pas). A chacune de ces chansons une émotion particulière.
« E-LE-VA-TION !!! Ouuuhou !! Ouuuhouhouuuu !!! » Les cris continuèrent un bon moment encore.
New Year’s Day suivit, de nouveau une chanson légendaire du groupe. Elle aussi chantée à pleins poumons. Une que j’aurai pu chanter jusqu’au bout de la nuit.
La suivante fut tout autant magistrale : Beautiful Day, et j’eus une pensée pour Kardu, Richard et Kévin, car à la fin de celle-ci The Edge et Bono chantèrent Sergent Pepper Lonely Heart’s Club Band des Beatles. « It was twenty years ago today… » Je ne m’attendais pas à l’avoir, parce qu’elle n’était plus sur la liste depuis juillet et le Stade de France ! Trop courte, malheureusement. Bono parla des attentats de Londres et d’autres catastrophes, et fut largement applaudi.
The Edge continua les hostilités sur une bonne voie lorsque les premières notes de I Still Haven’t Found What I’m Looking For résonnèrent. Voilà une que j’attendais vraiment, et je ne fus pas déçu, loin de là… Une des trois premières de The Joshua Tree. Les « But I still haven’t found… what I’m looking for… » se répétèrent longtemps, même après que The Edge s’arrêta de jouer. Bono se tenait au bout d’un des deux prolongements scéniques et regardait le monde autour de lui en souriant et chantant. Il revint sur la scène.
Et les notes de City of Blinding Lights furent lâchées. Les étranges panneaux lumineux commencèrent progressivement à se colorer de rouge, alors que Bono levait les bras au ciel et que tout le monde l’imitait. C’est bizarre à dire, mais je considère cette chanson comme la « petite sœur » de Where The Streets… Ce qui veut dire que la grande sœur, waouh !! ;o) Sérieusement, encore un bon morceau de zik.
Et c’était loin d’être fini.
The Edge lançait les quatre notes de Miracle Drug en solo, tandis que Bono nous parlait des miracles de la médecine. A ce moment, The Edge fait une fausse note, et Bono, en souriant, rattrape le coup en disant (en anglais) : « Vous savez, The Edge vient du futur, il vient du futur pour être avec nous… », rapport aux futures avancées de la science. Et la chanson de commencer.
La suivante est la première séquence émotion de la soirée : Bono se lance sur Sometimes You Can’t Make It On Your Own, celle-là même qu’il écrivit et interpréta à la mort de son père. Les panneaux géants se divisent en deux parties : d’un côté Bono est filmé, de l’autre une animation simpliste d’un homme marchant tranquillement. Le chanteur y met du sien, regarde avec une émotion visible dans les yeux (impressionnant) l’animation. La chanson s’arrête alors que l’homme disparaît à gauche de l’écran, en continuant à marcher, et laissant seul son fils.
Bono revient sur le devant de la scène, et je reconnais la chanson suivante, dont je gueule le titre : Love and Peace or Else. Deux personnes se retournent et me regardent comme un allumé : ça y est, on n’a plus le droit d’exprimer sa joie. Ça m’a beaucoup énervé sur le coup, et je ne tarde pas à m’écarter de ces frustrés.
« Lay down… Lay down… »
C’est parti pour la séquence dénonciatrice de la guerre, terriblement puissante et entraînante, puisque suit Sunday Bloody Sunday, accueilli avec une grande ferveur. Je dois dire que ma voix commençait à dérailler tellement je chantais le plus fort que je pouvais… Une de celles que j’ai le plus apprécié (en retirant le discours sur les trois religions en plein milieu).
Je ne sais plus quand il s’est déplacé jusque la mini-cible de droite, mais Adam est venu, je l’ai vu à moins de trois mètres de moi (il n’y a que The Edge que je n’ai pas vu de près). Je n’en croyais pas mes yeux. Il était tout sourire, prenait la pose pour les photos, s’amusait, se penchait vers le public en jouant de sa basse, en riant. Moi qui l’imaginait peu « communicatif », j’ai été littéralement bluffé.
Les deux suivantes, Bullet The Blue Sky et Miss Sarajevo, me sont connues, mais la seconde comporte une partie chantée en italien, une langue qui m’écorche la langue bien malgré moi. Bon, je les ai quand même bien égratignées au passage… :o) Pendant ce temps, Bono sur Bullet… marche les yeux bandés sur la scène. Juste avant que The Edge n’entame Miss Sarajevo au piano, la chanson est dédiée aux Londoniens victimes des attentats.
Celle qui suit est énorme : Pride (In The Name of Love). Que du bonheur.
« Ho-ho-ho hooo… Ho-ho-ho hooo… »
Il est temps de sortir les ballons offerts avant le début du concert, car quelques articles de la Déclaration des Droits de l’Homme défilent sur le panneau géant. Le seul reproche du concert : la Déclaration est écrite en anglais. Franchement pour rallier le plus de monde à leur combat, ils auraient mieux fait de la retranscrire dans chaque langue du pays traversé… Petit bémol.
Ceci est vite oublié, car, dans le même temps que défilent des drapeaux de tous pays (surtout africains) sur les panneaux…
Ce fut ma chanson. Celle que j’attendais entre toutes. Celle qui me fait toujours autant vibrer, des centaines d’écoutes plus tard. Je n’existais plus pour rien, sauf pour Where The Streets Have No Name… J’ignore encore pourquoi j’adule celle-ci spécifiquement. Elle a quelque chose qui me fait avancer.
Les larmes me montèrent aux yeux alors que l’introduction montait en puissance… C’est la seule fois du concert où mes mirettes s’embrumèrent. De vraies larmes. L’attente est finie.
« I want to run… »
Quelque part en moi je touche au bonheur d’exister. C’est pour être transpercé par des instants uniques dans ce genre-là que la vie vaut la peine d’être vécu. Dingue d’en arriver là. Dingue comme une musique peut balayer vos pensées. A savourer chaud comme un plat de lasagnes. Je… Je suis complètement démuni face à ça… Cela me dépasse. On est ailleurs. On est absent. On a envie d’aimer tout le monde. On se retrouve seul avec soi-même, et on s’observe dans le miroir. C’est une explosion des sens. Rien ne peut vous arrêter. Vas-y ! Défonce ta guitare ! Elle vaut la peine ! Chante à ton maximum ! Hurle ta soif de vivre, viens avec nous ! Allez ! Il n’est pas question de peur ici ! Elance-toi ! Pas de limites ! Non, aucune limite !
Je caresse ce que je suis. J’enveloppe ce que je suis. Il ne peut y avoir d’accoutumance à ce que je viens de vivre. Impossible.
Il n’y a pas non plus d’atterrissage. C’est ce que l’on appelle « monter une marche ». Il n’y a pas forcément de changement visible. Je sais que je ne revivrais plus cette expérience par l’intermédiaire de cette chanson. Elle n’était qu’un tremplin. Le monde est un peu plus clair. Quelque chose s’est opérée en moi. J’ignore ce que c’est. Encore une fois je l’ignore. On peut comparer mon ressentiment à un rétablissement spirituel, un nettoyage de printemps à l’échelle individuel.
Une éternité plus tard, suit One qui me semble bien fade en comparaison. Bono nous demande de prendre nos portables pour « éradiquer la pauvrette »… Il est bien connu que j’ai rarement du crédit, mais de toute façon les portables ne passaient pas, du moins devant la scène. Etrange. C’est alors que Bono s’empare d’une gratte, et que je voie les trois autres se marrer, même Larry ! Lui que l’on dit neutre en concert, juste bon à taper sur sa grosse caisse… J’étais sidéré, les quatre en train de rire sur scène…
Première pause. En fait Bono nous dit au revoir, c’est une feinte heureusement. Je sais qu’il y a deux rappels pendant le concert, mais je crie quand même le retour de U2 sur scène.
Les écrans se rallument, et jouent à la roulette de casino avec les têtes de Chirac, Bush, Berlusconi et Blair (ou Schroeder ?). Bono, qui a changé de vêtements, et les autres reviennent sur scène. Bono commence à chanter Zoo Station, une de mes préférées de Achtung Baby. La suivante est du même album, The Fly, et Bono se place à droite de la scène et la chante devant une mini-caméra… Sa face apparaît en déformé sur l’écran géant, et il n’arrête pas de faire des clins d’œil !… J’ai bien ri (et chanté bien sûr).
Ah !… Celle que je craignais ne pas entendre car elle ne faisait pas partie de la set-list au début de la tournée, soudain commence : With or Without You. J’ai un peu de mal à trouver les paroles car j’ai la gorge nouée. Néanmoins je sais que c’est bientôt la fin du concert, et je profite un max. Comme d’habitude, Bono prend une fille dans le public pour danser un instant avec elle.
Seconde pause, ou plutôt rappel. All Because of You démarre, une du dernier album assez énergique. Suit Yahweh, une des déceptions du concert. J’espérais ne pas l’entendre… Raté. Le mot « Coexist » apparaît sur l’écran, le C pour le Croissant de Lune représentant l’Islam, la croix de David remplace le X pour le Judaïsme, et le T changé en croix de l’Eglise chrétienne. J’avais oublié qu’il était possible de voir le pire même dans le meilleur.
« Un, deux, trois, Louis Quatorze !!! »
Tout le monde est surpris par le redémarrage (à la française !) de Vertigo. La boucle est bouclée, je saute dans tous les sens une dernière fois.
THE END
Apparaît sur l’écran. Cette fois c’est vraiment la fin du concert.

Je suis triste et heureux. Epuisé aussi.
Je serais allé voir U2 au moins une fois. Et quelle première !… Je n’aurais jamais imaginé être aussi proche de la scène. C’était fantastique.
Quelques bémols tout de même : pas de photos, la Déclaration en anglais, Yahweh. Mais bon, faut parfois savoir faire avec. Je ne vais pas cracher dans la soupe, comme on dit ! Le reste surpasse largement ces petits désagréments.
Matt et moi partons rapidement. Nous passons au-dessus des gradins. Je reste quelques minutes à regarder l’énorme fosse éclairée, et avec regrets je descends de l’autre côté.
Je décide de m’arrêter prendre quelques goodies pour souvenir. Le mec au guichet fait semblant un temps de ne pas me voir, draguant au passage une jolie cliente blonde, sa collègue de boulot, discute avec un Anglophone… Puis avec un visage fermé, finit par me demander ce que je veux acheter. « Un poster et un badge, siouplé. » Il me donne un sac, met le tout dedans et empoche ses 10€. Sympa l’accueil.
Nous retournons à la voiture, en échangeant quelques appréciations. Il y a énormément de monde et de voitures, et de flics. Nous reprenons l’autoroute, revenons au camping. Quelques voitures et personnes sont sur le parking du camping, je me doute d’où ils peuvent revenir à une heure aussi tardive. Je m’écroule sur le matelas, en n’oubliant pas d’étaler de la Biafine sur le nez et une partie du visage…
Je mets une heure pour m’endormir, les oreilles bourdonnantes et des images fortes dans la tête.

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Deuxième partie : de mercredi à jeudi

Devinez par qui je fus réveillé ?
Bingo, le tousseur. Je lui aurais volontiers enfoncé un couteau à dents dans la gorge pour touiller dans son larynx défaillant.
La journée s’annonçait trépidante. On s’est aperçu qu’on était installé sous un nid larguant des fientes fraîches. La patronne a beuglé de sa terrasse quand elle nous a vu décaler notre tente. Après renseignement (plutôt pragmatique la bonne femme), elle décide de nous changer d’emplacement. Matthieu comme un grand se charge de la déplacer seul tandis que j’allais me débarbouiller en boitillant et grimaçant.
Programme d’aujourd’hui : petite randonnée au-dessus d’Eze-Village… avec mon pied en charpie, ce fut une promenade de santé. L’arrière-pays me sembla plutôt désolé, des arbustes se battant avec de la caillasse, le tout cuisant au soleil. Et aucune ombre vraiment salutaire. De la garrigue aussi loin que notre regard portait.
On bougeait alors vers la principauté de Monaco, l’Enclave Artificielle par excellence. On traversait un village appelé La Turbie, nom qui me rappelait vaguement quelque chose, et dont la notion me revint totalement en mémoire quand je surpris une pancarte en forme de maillot de football monégasque, avec inscrit « Centre d’entraînement ». Je dois dire que l’idée de faire baver Antoine de rage m’a immédiatement traversé l’esprit… 🙂 Nous nous garons un peu plus loin, remontons jusqu’à l’entrée. L’idée en question consistait à tourner en dérision l’ASMFC : le temps que Matt prenne une photo de moi-même me moquant de la pancarte, nombre de voitures circulaient, et l’une d’entre elles (à l’immatriculation monégasque) me klaxonna vigoureusement. « Sont susceptibles dans le coin ! »Tandis que nous empruntions l’entrée du centre, une voiture s’arrêtait à notre hauteur et un homme nous informait que l’entraînement en question ne débuterait que vers 17h00. Trois heures à tuer. Bang !
Je peux affirmer que rouler au bord de falaises que rien n’arrête sauf la mer n’est pas très rassurant (en particulier avec Matt comme conducteur. Ne dit-on pas : « Matt au volant, mort au tournant » ? ;o) ). Néanmoins nous y arrivions sans encombre. Les drapeaux blanc et rouge fleurissaient un peu partout, me filant une nausée en continue (pas aidé par les lacets à l’intérieur de Monte-Carlo). Le concessionnaire Maserati à l’entrée donnait le ton de l’endroit que l’on traversait. On y effectua seulement un passage : pas de temps et de place disponibles. On s’arrêtait loin en hauteur pour pouvoir prendre quelques photos : le palais Grimaldi, le stade Louis II…
On retournait à la Turbie pour se poser en attendant l’heure. Puis on retournait au centre d’entraînement. Alors que nous amorcions à pied le solide virage ascendant, un car s’arrêta, et des jeunes aux couleurs monégasques en descendirent. Ne pouvant les contourner, nous nous joignirent au groupe. Une fois en haut, les gardes nous prirent tout d’abord comme des joueurs du centre de formation ! Se rendant compte de leur erreur, ils le prirent avec humour : « Ah ! Les visiteurs c’est dans cette direction. Non ! Par là ! (on prenait le même chemin que les jeunes) Faites gaffe sinon on vous emmène travailler avec eux ! Hahaha ! » Comme quoi ça confirmait ce que je pensais de l’ASMFC : ils embauchent vraiment n’importe qui pour jouer dans cette équipe… ;o)
On poireautait quelque temps avant que les joueurs de l’équipe A ne débarquent. L’environnement était comme j’avais pu le voir à la télé : la falaise a été carrément creusée pour permettre d’installer deux terrains et demi de football, sans compter la salle de musculation et les autres installations (qui étaient en chantier, comme l’équipe elle-même 🙂 ). J’avais prévenu mon frère un peu avant de l’endroit où je me situais, et Matt reçoit un SMS sur son portable. Il est 17h30, l’information délivrée me laisse perplexe : Zidane reviendrait en équipe de France ? C’est tellement impensable que je n’en croie rien. Les joueurs arrivent les uns après les autres : Meriem, Squillaci, Roma (renfermé), Maoulida et Sorlin (les ex-Rennais ensemble), Givet, Adebayor, Warmuz (tout sourire), Chevanton, Rodriguez (avant qu’il ne parte !), Plasil (en béquilles)… Et l’entraîneur, Deschamps, qui, je dois bien le dire, tirait un peu la gueule (je le sus plus tard dans un France Football que Deschamps avait dit à ses joueurs de se taire sur le retour de Zidane, et qu’il n’avait pas été dans la confidence, ce qui je pense ne lui avait pas plu sur le coup). Qu’importe les gueules, je photographie à tout va. Qu’est-ce que Antoine aurait aimé être là… Matt et moi lui laissons un message un tantinet crâneur sur son répondeur.
L’entraînement continue, c’est assez physique mine de rien. J’enrage un peu de ne pouvoir être à Tola Vologe pour voir les Lyonnais se préparer, au lieu de ces guignols-là. Au bout d’un moment on se lasse de regarder ces manchots jouer au ballon derrière leur grillage doré. On est retourné au camping prendre une douche bien méritée. Mon pied meurtri se rappelait à mon bon souvenir, et je n’étais pas pressé de voir ce qu’il en était.
Une autre mauvaise nouvelle nous attendait au camping : un des arceaux de la tente s’était brisé net. La canadienne s’était transformée en tepee… Je me souviens très bien de m’être dit : « J’en rirais plus tard, j’en rirais plus tard… » J’étais encore épuisé, mon pied m’élançait et je me sentais comme accablé… Matt voulait finalement aller se baigner, je lui ai dit que j’avais assez donné, que j’allais me doucher puis tenter d’écrire quelques lignes.
Matt parti et une fois à la douche, je constate que la blessure et ma chaussette ont fusionné en un magma de tissu et d’humeurs corporelles… Passage sous l’eau chaude pour décoller le tout. Je reviens à la tente et je me rends compte que mes affaires d’écriture sont restées dans la voiture… J’ai à peine la force mentale pour râler.
Je remarque qu’un couple d’Allemands s’est installé devant nous. Gros-Nibards et Tête-de-Sboob comme je les surnommais en moi. Je n’attendais pas Matt pour me coucher, mais les Allemands ne se taisaient pas malgré l’heure réglementaire. Ils se turent quelques minutes quand Matthieu revint, puis se remirent à papoter. En fait, plus leur bouteille de pinard se vidait, plus l’ivresse montait, ce qui accentuait la voix de Tête-de-Sboob et les gloussements ineptes de Gros-Nibards. J’avais beau gueuler, faire « Chut ! », rien n’y fit, ils caquetèrent aussi tard que possible.

Réveil la tête dans le c** (on ne change pas les bonnes habitudes), je remarquai que les deux tas de bidoches ne semblaient pas dans leur assiette. Bien ! Que leurs tempes résonnent comme des djembé activement utilisés et je serai vengé. En fait, ils ne restaient qu’une nuit, ce qui fait qu’ils n’avaient rien à f***** du voisinage. Belle attitude.
Par contre, les deux Italiens à notre gauche se montrèrent très amicaux, en particulier un. Lorsqu’il revint du toilettage, Matt me dit qu’il avait de nouveau rencontré A. (le mec rencontré mardi soir) et que celui-ci nous proposait d’aller à la plage cet après-midi en compagnie de A., sa copine. Moi je me voyais plutôt en train de gribouiller au calme, tout en me reposant…
Mais avant ça, Matt et moi avions convenu d’un repérage des lieux la veille du concert, ainsi que des emplacements des parkings disponibles. Le Palais Nikaïa étant complètement de l’autre côté de Nice par rapport à notre situation géographique, nous décidons de prendre l’autoroute, quitte à débourser quelques centimes, parce que la perspective de traverser dans toute sa longueur la Promenade des Anglais ne me réjouissait pas trop.
En chemin et toujours en voiture, nous voyons des panneaux avertissant de bouchons le 05/08 pour cause de concert de U2… J’en souriais. Soudain je distingue le Nikaïa. On passe devant en roulant à lente allure : façade bombée me rappelant la Fac de Lorient. Puis comme on s’en éloigne, je vois une partie de la scène en construction… Je regarde bouche bée, en pensant que demain je serai quelque part dans cette enceinte. Matt jette des coups d’œil, je lui dis en rigolant « Regarde ta route ! ». Et on retourne au camping.
Matt descend voir A., et en revient accompagné. Tout en discutant, A. fait le forcing pour que je vienne à la plage. Au bout d’un moment j’accepte parce que je n’avais pas pensé que je pouvais aussi écrire à la plage. J’ai invoqué la fatigue.
Matt m’avait prévenu, la copine d’A. n’avait rien d’un canon de beauté ; je lui répondis que ça m’était égal. Nous attendions près de leur 206 quand A. puis A. arrivèrent… Une rousse, version rubis, avec des lunettes. Damned ! Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai failli éclater de rire : j’avais spontanément imaginé que c’était Clément en femme avec une teinture rousse… Désolé de la comparaison Clem’s, mais elle avait les mêmes grands yeux que toi. Je ne crois pas l’avoir dit à Matthieu ça… Mais bon, assez de dénigrement, ça n’apporte rien.
Les A. nous racontaient leur vie : ils vivaient à Lyon près de Gerland (argh…) ; lui, il avait arrêté l’école à 14 ans (ça promettait pour le niveau des discussions) et bossait comme maçon depuis un moment (il a mon âge). Quant à elle, elle était comptable dans une PME. Nous ? Etudiants en Histoire, passage en 3ème année. Nous nous posâmes sur la même plage que mardi soir, un peu plus loin car Matt avait trouvé un coin tranquille hier soir.
Nous passâmes l’après-midi sur la plage. Je restais à l’ombre des palmiers. J’ai tenté d’écrire, mais je n’y arrivais pas. Les deux A. me demandèrent successivement ce que j’écrivais, mais je leur fournissais la même réponse évasive. C’est peut-être A. qui inhibait mes tentatives, car comme il l’avoua fièrement plus tard, il détestait lire. Pour passer le temps, je me mettais à la chasse aux pigeons, ce qui causait l’hilarité générale. Bon, au moins, je servais à quelque chose : faire le pitre.
La suite de la journée était la visite d’un château perché, celui d’Eze-Village, en compagnie de C. et I. (I pour Innommable car j’ai oublié le nom du garçon…), des Rennais dont les A. avaient fait la connaissance au camping (A. mâle se disait Breton, et ça l’amusait de fédérer tous les Breizhad autour de lui). Après échanges de paroles (des gens normaux !!), C. et moi nous nous découvrons une connaissance commune de Pluguffan. Le monde est petit…
On se promène dans le château, les magasins nous cernant de tous côtés. Une espèce de Mont-Saint-Michel (du moins à l’intérieur) sur la Côte d’Azur.
Au détour d’un croisement m’apparut une image superbe, celle que je garderais de cet endroit : un arbre au tronc et aux branches courbées d’une façon étrange, coincé entre deux façades, qui recouvrait la rue et la terrasse surélevée d’un restaurant. Vu du dessous, j’étais subjugué par la beauté du cadre : l’arbre s’échappant de l’emprise murale pour retrouver l’espace et la lumière du soleil. Ça m’enchanterait d’en faire un poème… Les arbres et moi, une formidable histoire d’amour. :o)
A. mâle faisait son show, avait toujours son mot à dire, et pour montrer qu’il avait quand même sa sensibilité propre, il ponctuait chacune de ses remarques d’un « magnifique ». Il utilisait ce mot tellement souvent que c’en était barbant (ou rasoir, selon), le taux de concentration de ce terme était plus élevé que celui des adverbes dans les discours de Chirac… Tout était magnifique : le restaurant de Monte-Carlo où le couple A. avait dîné la veille, les pizzas « magnifiques », l’addition… « magnifique » elle aussi, l’église du château (alors qu’elle était d’une laideur…), la vue, les décorations florales, les voitures de luxe garées devant le restaurant chic… Le tout ponctué d’un ciel aux teintes bleues « magnifiques ».
C. et I. nous quittaient pour aller manger dans un restaurant sur la côte (il n’y a que ça des restos !). Les A. nous invitaient alors à dîner au camping en leur compagnie. Pourquoi pas ?…
Image assez étrange de trois hommes épluchant des patates au bord d’une falaise, alors que le soleil disparaissait derrière l’horizon. Bon repas, malgré les commentaires et histoires grivoises d’A. mâle : ce bonhomme a des préjugés racistes… Des jeunes qui viennent de s’installer au niveau supérieur font un sacré boucan ; A. parle d’aller les faire taire s’ils continuent à brailler au moment d’aller se coucher, quand tout à coup une énorme flatulence déchire les airs (et le caleçon du mec, vu la puissance du coup de grisou !), ce qui fait rire tout le monde dans le camping (plus tard on saura qu’il s’agissait d’un coussin-péteur… Petits joueurs.) Bien sûr, A. mâle enchaîne sur le sujet, ce qui a tôt fait d’envoyer la conversation a des profondeurs abyssales, avec aucune chance de remontée. Je dois dire que je n’étais pas mécontent de rentrer me coucher, j’avais la tête un peu ailleurs…
A chacun sa bande de jeunes bavards, cette fois c’est celle installée à notre droite qui m’empêcha de dormir convenablement. Déjà que les A. m’avaient lessivé le cerveau… Les Allemands avaient levé l’encre, mais la relève se défendait bien. Eux au moins m’entendirent gueuler, mais ça ne les décontenancèrent pas plus que ça. Pour un peu, j’aurais envié Matt et son audition, mais je chassais cette infâme pensée de ma tête, me rappelant l’épisode de l’hôpital.
« Bon sang de bois ! » m’exclamai-je en moi.
Je venais de me souvenir ce à quoi j’allais assister demain soir… C’est qu’ils m’auraient presque fait oublier la raison de ma venue à Nice !

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Bien ! Comme prévu, je vais vous raconter les aventures de Yohann et Matthieu dans le Sud, avant et après l’événement qui les a attirés là-bas, très loin de leur chère Bretagne chérie (à défaut de chérie tout court 🙂 )… Ça m’a pris un peu de temps, je me demande si ça vaut la peine… Enjoy !

Première partie : de dimanche à mardi.

J’ai eu un plaisir non dissimulé à partir loin de chez moi. Dimanche soir vers 21h00 je m’en allais enfin. Notre lieu de rendez-vous se situait dans la banlieue de Poitiers, chez la sœur de Matthieu, Camille. Vers 2 heures du mat’ nous y arrivions, après avoir tourné en rond pendant un certain temps.
En tout cas, une gentillesse et une hospitalité sans failles chez Camille et Manu : marque de fabrique de la famille de Matt ! 🙂

Le lendemain, départ vers midi. Un conseil, ne passez pas par Clermont-Ferrand ville, c’est un labyrinthe et c’est en travaux. J’ai cru que je n’allais jamais m’en sortir. Les paysages du Massif Central sont splendides, de même pour la vue quand on en descend, impressionnante la première fois. On s’est arrêté dans un Formule 1 à Orange ; j’apprenais à Matt que c’était le fief d’un maire FN. A l’hôtel, je n’ai pas vraiment dormi, entre la chaleur étouffante au niveau du lit superposé et les jacassements d’Anglaises malpolies dans le couloir.

Mardi matin, dernière étape vers Nice. Cette fois c’est Matt qui m’apprenait quelque chose : les motards remercient en levant leur pied droit ! Autre conseil : c’est une mauvaise idée de passer par Cannes en plein été, les bouchons sont omniprésents, les gens vous grillent allègrement la priorité. La Croisette n’est qu’une façade immobilière comme je me l’imaginais, remplie de palmiers, de flics motards qui vous somment d’avancer (à l’aide de leur klaxon), de touristes et de filles en bikini. Je n’ai pas pu prêter plus d’attention car conduire dans une ville inconnue demande de la concentration. Je passerais sur les remarques de mon « copilote » sur la façon dont j’embraye et débraye, alors que de mon côté j’ai perdu le nombre de fois où Monsieur a calé… Déjà, j’étais quelque peu stressé, mais là c’était le bouquet !
La pancarte d’entrée dans la ville de Nice était visible. La carte du camping disait de prendre la direction de Nice-Est. Je m’engage sur une 4 voies dans la ville même. Là, une sortie montre Nice-Nord, alors que Nice-Est c’est tout droit. Matt lève les yeux de la carte et me dit de prendre la sortie ! L’incertitude brouille mes pensées et au dernier moment je tourne… Je jette un coup d’œil : direction Nice-Est… « J’avais pas vu la pancarte… » fait Matthieu après l’avoir admonesté. J’étais d’humeur massacrante (et la journée n’est pas terminée). Encore un conseil : évitez d’avoir Matthieu en copilote, il ne sait pas lire de carte ;-). Trois quarts d’heure à tourner dans une ville bordélique, en pleins travaux pour cause de pose de lignes de tramway, sans compter les gens qui traversent devant vous sans crier gare et sans vous regarder.
Par un certain coup de bol on tombe sur une route menant vers la Haute Corniche, et on arrive au camping déniché sur le net. Ma principale crainte est de n’avoir pas réservé avant, mais sur le parking on rencontre le gérant qui nous rassure. Le camping a une vue splendide : la baie de Sain-Jean-Cap-Ferrat s’ouvre à nous. A l’accueil, on rencontre un mec posé sur une chaise, A., qui fera parti de nos aventures de jeudi. Matt émet le souhait pressant d’aller piquer une tête dans la mer, ce que je concède à contrecœur. On installe notre barda, on remplie les formalités et on met une plombe à descendre et trouver une « plage ». La plage en question est aux pieds des falaises, est composée de cailloux glissants. Mais la mer Méditerranée est vraiment bonne, pas besoin de se tremper petit à petit, et incroyablement plus salée que l’Atlantique. Après avoir fait trempette, je reviens sur la berge, et constate une petite coupure au majeur gauche et une entaille saignante au pied droit : la faute à ces p*****s de cailloux recouverts d’une mousse verdâtre glissante, pour la bonne raison qu’il n’y a pas de marée !
L’esprit complètement vidé par cette journée interminable, on rentrait au camping pour ce que je voulais avoir : une nuit réparatrice.
Il faut croire que je dus subir cette journée maudite jusqu’au bout : un petit emmerdeur toussa soudain à la cadence record d’un « teuheu teuheu reuh ! » par tranche de vingt secondes. Le genre de bruit qui obsède, qui donne envie de tousser à son tour. J’entendais des grondements de dépréciation un peu autour, mais le brave tousseur n’en démordit pas, il continua jusqu’à ce qu’il s’endorme, c’est-à-dire looongtemps après (et moi un peu plus tard…).
Si je n’étais pas allé à cette foutue plage, je n’aurai pas claudiqué les deux journées suivantes !

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Notre regard est vide de substance lorsqu’ :
– on est mort,
– on dort,
– on regarde un écran un certain temps (télévision, ordinateur…).

Faites-en l’expérience : regardez la télé comme d’habitude et vous constaterez au bout d’un moment que votre regard s’est figé. Pourquoi ?
Exemple : vous regardez une vidéo montrant des feuilles d’un arbre qui bougent au vent, puis vous regardez dehors sur un arbre des feuilles se balançant au vent. Dehors il existe une perspective (si minime soit-elle) que l’écran plat de télévision ne permet pas de retranscrire, et le cerveau réagit en conséquence : les yeux se fixent sur la surface plane de la télévision alors qu’il n’est pas possible de le faire à l’extérieur.
Après, ce que j’en dis…
(Mon récit de voyage arrive bientôt, je ne sais pas quand, car c’est assez long à écrire…)

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S’il y a bien une nouvelle que je n’espérais pas entendre un jour, c’est bien ça…
IL REVIENT EN BLEU.
Maintenant j’ai quelque espoir de voir l’équipe de France à la Coupe du Monde. Mais si l’on n’est pas qualifié, je ne lui en voudrais pas, au contraire.

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