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Acte II : Pas de George Clooney aux urgences

(28/11/04, vers midi)

Le matin, je me levais pour une fois pas trop patraque, dû à mon départ précoce de la soirée. Je ramenais mes affaires dans le fourgon tout en saluant les personnes déjà levées. Face au volant, j’avais une petite appréhension : pourrais-je conduire dans la pleine mesure de mes capacités, sachant la fébrile expérience acquise pour l’instant avec ce véhicule ?

J’optais pour la prudence. Heureusement que l’on était dimanche, le trafic à 10 heures était quasi inexistant (sauf ces foutus vélos). Je m’engageais tranquillement dans les ronds-points, avec une pointe d’anxiété tout de même en amorçant la manœuvre, la visibilité étant on ne peut plus réduite par rapport à la 205.

Rentré à la maison, je narrais mon drame d’une manière hautement lyrique, en exposant le membre devenu d’un ivoire mauve clair. Allant dans le sens des conseils auparavant reçus, j’allais aux urgences avec ma mère.

Eh bien ce sera une première, pensai-je.

Derrière la ligne de discrétion, j’attendais patiemment qu’une personne arrive à l’accueil. La salle d’attente était relativement remplie. Tout à coup, un couple de vieux me passe devant, sans me jeter un coup d’œil. Ils s’arrêtent à l’accueil, comme si de rien n’était. Je ne réalise pas tout de suite l’ampleur de la faute de politesse, et ma mère est la plus rapide à réagir : elle leur dit que j’étais là d’abord et qu’ils doivent attendre leur tour. Silence de la part des vieux. Puis le vieil homme (à l’air sévère) dit qu’ils venaient pour savoir dans quelle chambre les urgences avaient placé leur fille qui s’était présentée pendant la nuit. Un échange de paroles a lieu, ma mère leur répète ce qu’elle à dit, et de même pour le vieux. Il vient vers moi en me disant (après un silence) : « Et c’est ça les urgences ? » en désignant l’accueil vide. Je haussais les épaules.

C’était un dialogue assez pénible, et si je n’avais pas été dans cette forme, je pense que je me serais mis en colère pour leur manque de politesse et leur égoïsme flagrants.

Une femme arriva et nous débarrassa de ces croûlants. Pour des vieilles personnes telles qu’elles je n’aurais eu aucune pitié, maintenant que j’y pense.

Le reste de la journée n’a pas d’importance : un jeune me diagnostiqua, m’envoya en radiologie où je constatais la double fracture au niveau de la seconde phalange. Il me posa ensuite une attelle, et j’étais bon pour trois semaines d’arrêt de sport, de conduite, de guitare… Moi qui vient à peine de débuter…

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