Joyeux anniversaire…

J’aime la vie, pourtant la mort m’attire.
Le mardi 30 j’ai pu mesurer malgré moi à quel point ma mère me percevait encore comme un puritain, un enfant de chœur. Je m’explique : samedi 27, j’ai passé une excellente soirée, digne d’avoir les artifices nécessaires au bon amusement général. Je suis donc revenu dimanche, un peu plus tard que d’habitude, vers 14h. Puis mardi suivant, au soir, en revenant de la Fac avec ma mère, celle-ci m’avoue quelque chose d’inhabituel :
– Je t’ai senti gêné, dimanche, quand tu es revenu. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’est revenu en mémoire hier soir [lundi].
– Ah ? Je ne vois pas pourquoi !
– Hum, j’avais pensé moi, que tu avais honte de quelque chose… Ta première cuite, ton premier joint…
« Maman, si tu savais… »
– Tu veux parler de ça ? dis-je avec un petit rire.
– Non, mais il faut bien que tu passes par ta première cuite un jour…
– Non, ce n’est pas ça. C’est en rapport avec mon manteau : on m’avait renversé un verre avec de l’alcool dessus mon manteau, et j’avais peur qu’il en garde une tâche… [
NdY : sitôt rentré dimanche après-midi, j’avais demandé à ma mère s’il était possible de laver mon manteau, sans m’expliquer pourquoi].
– D’accord. Je ne pense pas que l’alcool tâche, ça s’évapore plutôt.
– …Et puis il y a aussi le fait que je sois rentré plus tard que d’habitude, vers 14h je crois, et je ne savais pas si vous aviez besoin de la voiture.
– Ah oui, ça aussi. J’avais pensé à ça aussi, au fait que tu aies eu peur que l’on t’engueule. Mais ce n’était rien, même si ton frère avait râlé [
NdY : ce n’est pas étonnant, c’est ce qu’il sait faire de mieux] parce qu’il voulait aller voter avec ton père et toi entre midi et deux.

Voyez comme j’ai pu bien cacher le fait que je devienne le fêtard moyen (modéré, quoi !) à n’importe quelle soirée. Mon père doit être moins dupe – du moins je l’espère – ayant été jeune homme avant moi, et il a pu aussi bien garder ses doutes pour lui. Ou alors ne se doute-il de rien, car mes parents parlent beaucoup entre eux. Enfin bon. S’ils ont choisi mon frère comme image de moi-même (car je ne laisse rien filtrer), ils sont dans la mauvaise voie.
Je deviens de plus en plus un étranger dans cette famille ; enfin, un être à part. Au moins ne se mêlent-ils pas de mes affaires, c’est une bonne chose.

Passons.
Un an aujourd’hui que mon journal électronique existe. C’est bien. J’en ai vécu des choses depuis, sur et autour de ce site. Des hauts et des bas. Je n’ai pas grand-chose à rajouter en réalité.
Je ne serai jamais vu de la même manière par tout le monde, pour deux raisons : primo, personne n’a la même vision du monde qui l’entoure ; secundo, je ne suis jamais le même avec chacune de mes connaissances, ce qui rejoint la première raison.

Cela ne sert à rien que je fasse un bilan de mon année journalistique. Vous savez pourquoi ? Parce que je n’en ressens pas le besoin ! Pour l’instant j’ai tout ce qu’il me faut pour continuer une petite vie tranquille. Je ne compte pas sortir en soirée, j’ai pris de bonnes résolutions pour ces vacances…
Ces deux semaines de vacances s’annoncent sous de beaux auspices, parce que je n’ai rien à recevoir. Je préfère donner, que ce soit un sourire, une blague bien vaseuse ou un rayonnement concret d’amitié.

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